2e pilier (LPP) : comment fonctionne votre caisse de pension
Qui est assuré, sur quel salaire, combien est épargné et ce que vous toucherez : le 2e pilier expliqué côté salarié, montants 2026 et exemple chiffré.
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Le 2e pilier, c’est votre caisse de pension : une épargne obligatoire dès 22 680 francs de salaire annuel en 2026, financée avec votre employeur, qui s’ajoute à l’AVS. Ensemble, les deux visent environ 60 % du dernier salaire. La caisse couvre aussi l’invalidité et le décès. Ce qu’elle versera dépend de votre salaire assuré, de vos années de cotisation et du règlement de votre caisse.
Qui est assuré ?
La loi sur la prévoyance professionnelle (LPP) oblige l’employeur à assurer chaque salarié qui gagne plus de 22 680 francs par an chez lui (article 7, montant 2026). La couverture commence en deux temps :
- dès le 1ᵉʳ janvier qui suit vos 17 ans, pour l’invalidité et le décès ;
- dès le 1ᵉʳ janvier qui suit vos 24 ans, pour l’épargne de vieillesse.
Trois situations échappent à l’obligation : un contrat de moins de trois mois, un salaire sous le seuil chez chaque employeur, et l’activité indépendante. Un indépendant peut s’assurer volontairement, ou compenser par un grand 3a (voir 3e pilier pour indépendant).
Sur quelle part du salaire ?
Pas sur tout le salaire. La loi assure le salaire dit « coordonné » : votre salaire annuel, plafonné à 90 720 francs, moins une déduction de coordination de 26 460 francs. Cette déduction existe parce que l’AVS couvre déjà la première tranche du revenu. Le salaire coordonné vaut au minimum 3 780 francs.
| Salaire annuel | Salaire coordonné | Part du salaire assurée |
|---|---|---|
| 22 000 | 0 (sous le seuil) | 0 % |
| 30 000 | 3 780 (minimum) | 13 % |
| 50 000 | 23 540 | 47 % |
| 80 000 | 53 540 | 67 % |
| 120 000 | 64 260 (maximum légal) | 54 % |
C’est le minimum. Le règlement de votre caisse peut assurer une part plus large du salaire, ou le salaire au-delà de 90 720 francs : c’est la partie dite surobligatoire. Votre certificat de prévoyance indique le salaire réellement assuré (voir comment lire son certificat).
Combien est épargné chaque année ?
Chaque année, un pourcentage du salaire coordonné est crédité sur votre avoir de vieillesse. Ce taux, la bonification, monte avec l’âge (LPP, article 16) :
| Âge | Bonification | Sur un salaire coordonné de 53 540 |
|---|---|---|
| 25 à 34 ans | 7 % | 3 748 par an |
| 35 à 44 ans | 10 % | 5 354 par an |
| 45 à 54 ans | 15 % | 8 031 par an |
| 55 à 65 ans | 18 % | 9 637 par an |
L’employeur paie au moins la moitié des cotisations (article 66). Votre avoir porte aussi intérêt : sur la partie obligatoire, au moins 1,25 % en 2026, taux fixé chaque année par le Conseil fédéral. Beaucoup de caisses paient davantage les bonnes années.
Ce que vous toucherez à la retraite
À l’âge de référence, votre avoir se transforme en rente. Sur la partie obligatoire, la rente annuelle vaut au moins 6,8 % de l’avoir : c’est le taux de conversion minimal (article 14). La réforme qui l’aurait abaissé à 6 % a été refusée en votation le 22 septembre 2024. Sur la partie surobligatoire, la caisse fixe son propre taux, souvent plus bas, ou applique un taux unique à tout l’avoir.
Vous pouvez aussi prendre un quart au moins de votre avoir obligatoire en capital (article 37), et davantage si le règlement le prévoit. Le choix se fait avant la retraite, dans le délai fixé par la caisse (voir rente ou capital).
Le temps partiel, un piège silencieux
La déduction de coordination est un montant fixe. Elle pèse donc beaucoup plus lourd sur un petit salaire. À 80 000 francs, le salaire coordonné est de 53 540 francs. À mi-temps, 40 000 francs, il tombe à 13 540 francs : le salaire est divisé par deux, l’épargne par quatre.
Deux emplois à temps partiel aggravent l’effet. Chaque employeur applique la déduction entière, et un salaire sous 22 680 francs chez l’un d’eux n’est pas assuré du tout. Certaines caisses réduisent la déduction selon le taux d’occupation : votre certificat vous le dit. S’il manque une part importante, le 3e pilier et un rachat dans la caisse sont les deux moyens de compenser.
Invalidité et décès : ce que la caisse couvre
La caisse ne sert pas qu’à la retraite. En cas d’invalidité, elle verse une rente calculée sur l’avoir que vous auriez eu à l’âge de référence (voir rente d’invalidité). En cas de décès, votre conjoint reçoit en principe 60 % de cette rente, et chaque enfant 20 %, jusqu’à 18 ans ou jusqu’à 25 ans en formation (articles 19 à 22).
Le conjoint n’y a droit que s’il a un enfant à charge, ou s’il a 45 ans et au moins cinq ans de mariage. Sinon, il reçoit un capital de trois rentes annuelles. Un partenaire non marié ne reçoit rien, sauf si le règlement le prévoit et si vous l’avez annoncé à la caisse (voir rentes de survivants). C’est pour combler ces écarts qu’existe l’assurance décès.
Quand l’argent peut-il sortir avant la retraite ?
L’avoir reste bloqué jusqu’à la retraite, qui peut être anticipée dès 58 ans si le règlement le permet (voir retraite anticipée). Il en sort plus tôt dans quelques cas seulement, détaillés dans retrait du 2e pilier :
- Vous quittez votre emploi : l’avoir suit dans la caisse de votre nouvel employeur. Sans nouvel employeur, il va sur un compte de libre passage.
- Vous achetez votre logement principal : retrait anticipé ou mise en gage, sous conditions et avec l’accord écrit du conjoint (le même mécanisme existe pour le 3a, voir 3e pilier et achat immobilier).
- Vous vous mettez à votre compte et quittez la prévoyance obligatoire.
- Vous quittez définitivement la Suisse : versement possible, sauf la part obligatoire en cas de départ vers l’Union européenne ou l’AELE avec une assurance obligatoire sur place.
Dans l’autre sens, vous pouvez verser davantage : un rachat comble une lacune dans votre caisse et se déduit entièrement du revenu imposable. Il bloque en revanche tout retrait en capital pendant trois ans (article 79b).
Obligatoire, surobligatoire : pourquoi la différence compte
La loi fixe un minimum : le salaire coordonné, les bonifications, l’intérêt minimal, le taux de conversion de 6,8 %. Tout ce que la caisse fait au-delà relève de la partie surobligatoire, réglée par son règlement : un salaire assuré plus large, des cotisations plus hautes, mais souvent un taux de conversion et un intérêt plus bas.
Deux personnes au même salaire peuvent donc toucher des rentes très différentes selon leur caisse. C’est aussi pourquoi l’employeur compare les plans de prévoyance, ce que la page prévoyance professionnelle LPP détaille de son côté. Les termes techniques de ce guide sont définis dans le lexique de la prévoyance.
Ce qu’il faut retenir
- Obligatoire dès 22 680 francs de salaire annuel en 2026 : dès 17 ans pour l’invalidité et le décès, dès 24 ans pour l’épargne.
- Le minimum légal assure le salaire coordonné : salaire plafonné à 90 720 francs, moins 26 460 francs.
- Bonifications de 7 à 18 % selon l’âge, intérêt minimal de 1,25 % en 2026, taux de conversion de 6,8 % sur l’obligatoire.
- Avec l’AVS, la cible est d’environ 60 % du dernier salaire, moins à temps partiel ou avec des années manquées.
- La caisse couvre aussi l’invalidité et le décès, avec des conditions strictes pour le conjoint et rien d’office pour un partenaire non marié.
- Ce qui manque se comble par le 3e pilier, un rachat, ou une assurance décès.
Pour savoir ce que votre caisse, l’AVS et vos contrats verseraient vraiment, dans chaque situation, demandez un bilan de prévoyance. Montants 2026 publiés par l’OFAS, taux d’intérêt minimal fixé par le Conseil fédéral le 5 novembre 2025, règles vérifiées sur la LPP en septembre 2026.