Assurance perte de gainMalade six mois. Payé combien ?
Ce que vous toucheriez vraiment si vous ne pouviez plus travailler, salarié ou indépendant, et ce qui existe pour combler l’écart.
La question qu’on ne pose pas
Personne ne calcule ce qu’il toucherait. Jusqu’au jour où ça compte.
Une longue maladie ou un accident grave ne coûte pas seulement des soins. Ils coupent le revenu, alors que le loyer, l’hypothèque et les primes continuent. Ce que la loi garantit est réel, mais limité et tardif. La perte de gain, c’est l’écart entre les deux.
L’assurance perte de gain remplace une partie de votre revenu quand une maladie ou un accident vous empêche de travailler : une indemnité journalière pour les premiers mois, une rente pour ce qui dure.
Salarié
Quatre relais. Aucun ne va jusqu’au bout.
Ce qui se passe, dans l’ordre, quand un salarié tombe malade longtemps. Le premier relais vient de la loi, pour une durée qui dépend de l’ancienneté et du canton (voir salaire en cas de maladie), les autres de ce que l’employeur a mis en place.
Les premières semaines
Votre employeur continue de verser le salaire : trois semaines la première année, puis plus longtemps selon l’ancienneté. C’est la loi, et c’est court.
Jusqu’à deux ans
Si votre employeur a une assurance d’indemnités journalières, elle prend le relais, en général à 80 % du salaire pendant 720 jours. S’il n’en a pas, rien ne prend le relais.
Dès un an
L’AI examine une rente, si l’incapacité atteint 40 % depuis un an. La rente entière suppose 70 % d’invalidité et plafonne à 2 520 francs par mois.
Ensuite
La caisse de pension verse une rente d’invalidité selon son règlement, souvent au minimum légal. Entre 80 % du salaire et ce qui reste, l’écart est le vôtre.
Un salarié sans indemnité journalière chez son employeur perd son revenu après quelques semaines. Avec, il en garde 80 % pendant deux ans, puis découvre ce que l’AI et la caisse versent réellement (voir rente d’invalidité). Vous dirigez une entreprise ? L’assurance indemnité journalière maladie couvre votre personnel.

Indépendant
Sans employeur, sans relais.
La loi n’impose rien à un indépendant. Elle ne lui donne rien d’office non plus.
- Pas d’employeur
- Personne ne verse le salaire. Le premier jour d’arrêt est le premier jour sans revenu, sauf indemnité journalière souscrite à titre privé.
- Pas d’assurance accident d’office
- La LAA est facultative pour un indépendant. Sans elle, ni les soins au-delà de la LAMal, ni l’indemnité de 80 % dès le troisième jour.
- Pas de caisse de pension d’office
- La LPP aussi est facultative. Reste l’AI, avec son délai d’un an et son plafond de 2 520 francs par mois pour une rente entière.
- La maternité
- L’allocation fédérale verse 80 % du revenu, au plus 220 francs par jour, pendant 14 semaines, aux indépendantes aussi. Rien au-delà.
Pour un indépendant, l’assurance perte de gain n’est pas un complément. C’est le seul revenu qui reste. Le reste de sa prévoyance, de l’AVS à la retraite, est dans prévoyance de l’indépendant.
Les deux assurances
Une pour les premiers mois. Une pour ce qui dure.
Court terme
L’indemnité journalière
- Un montant par jour, réglé sur votre revenu, en général 80 %
- Après un délai d’attente que vous choisissez : plus il est long, moins c’est cher
- Pendant 720 jours au plus, le temps que l’AI décide
Long terme
La rente d’incapacité de gain
- Un montant par mois, choisi, versé tant que l’incapacité dure, jusqu’à la retraite au plus
- Après 12 ou 24 mois, quand l’indemnité journalière s’arrête
- Avec libération des primes : vous ne payez plus le contrat, il continue
- En 3e pilier 3a, déductible des impôts, ou en 3b
La première comble le trou des deux premières années. La seconde, celui qui dure. Un salarié bien couvert n’a souvent besoin que de la seconde ; un indépendant, des deux. Le bilan de prévoyance le chiffre, gratuitement.
Ce qui se compare
Six lignes séparent deux contrats.
- Le revenu assuré
- Un pourcentage du salaire pour un salarié, un montant déclaré et justifié par la taxation pour un indépendant. Trop bas, l’assurance ne sert à rien ; trop haut, l’assureur le réduira au sinistre.
- Le délai d’attente
- Les jours sans indemnité au début de chaque arrêt : 14, 30, 60, 90 jours ou plus. C’est le premier levier sur la prime, et il se règle sur ce que vous pouvez tenir seul.
- La durée
- 720 jours pour une indemnité journalière, souvent comptés dans une période de 900 jours. Jusqu’à 65 ans pour une rente. Ce qui se passe entre les deux doit être écrit.
- Maladie, accident, ou les deux
- Un salarié a l’accident par la LAA de son employeur ; un indépendant, non. Une indemnité maladie seule laisse l’accident découvert.
- LAMal ou LCA
- L’indemnité selon la LAMal est ouverte à tous de 15 à 65 ans, sans refus possible, mais pour des montants modestes. Celle selon la LCA se dimensionne librement, après questionnaire de santé, avec les réserves qui vont avec.
- Le libre passage
- En quittant un employeur assuré collectivement, le droit de continuer à titre individuel existe en LAMal et, souvent, en LCA. Les conditions et le délai changent tout pour qui part malade.
Sans engagement, et sans frais pour vous.
Votre prime
Le prix tient à quatre choses.
- Votre âge
- La prime est fixée d’après l’âge à la signature, et monte avec lui. Chaque année d’attente la renchérit.
- Votre santé
- Un questionnaire, parfois un rapport médical. Ce qui est connu ce jour-là est réservé ou exclu ; ce qui vient après est couvert.
- Votre métier
- Un métier physique ou un revenu irrégulier se tarifent autrement qu’un poste de bureau. Certains assureurs refusent certaines professions.
- Le revenu, le délai, la durée
- Les trois réglages du contrat. Allonger le délai d’attente est ce qui fait le plus baisser la prime, sans réduire la protection là où elle compte.
Nous ne publions pas de tarif : une prime honnête se calcule sur votre revenu, votre statut, et ce que vous touchez déjà.
À lire avant de choisir.

Salaire en cas de maladie : combien de temps l’employeur paie
Trois semaines la première année, puis selon l’échelle bernoise, bâloise ou zurichoise, ou 80 % pendant deux ans avec une assurance : vos droits, et les trous.

Rente d’invalidité en Suisse : ce que versent l’AI et la caisse
Taux d’invalidité, rente AI, rente de la caisse de pension, maladie ou accident : combien vous toucheriez, quand la rente arrive, et comment combler l’écart.

Prévoyance de l’indépendant en Suisse : que mettre en place ?
AVS obligatoire, caisse de pension ou grand 3a, perte de gain, accident, pas de chômage : la prévoyance d’un indépendant en Suisse, et l’ordre des décisions.

3e pilier pour indépendant : jusqu’à 36 288 francs par an
Sans caisse de pension, un indépendant peut verser 20 % de son revenu dans le 3a, jusqu’à 36 288 francs en 2026. Les pièges du calcul, et le choix avec la LPP.

Couverture accidents LAMal : la retirer pour payer moins
8 heures par semaine chez le même employeur ? Il vous assure déjà contre les accidents. Retirez-les de votre LAMal : jusqu’à 7 % d’économie sur la prime.
Ce que vous voulez probablement savoir.
Ce qui vient de la loi, ce qui dépend de votre employeur, et ce qui se compare.
L’assurance perte de gain est-elle obligatoire en Suisse ?
Pour la maladie, non, ni pour l’employeur ni pour l’indépendant : la loi impose seulement à l’employeur de payer le salaire pendant une durée limitée, trois semaines la première année puis selon l’ancienneté. Beaucoup d’employeurs souscrivent tout de même une assurance d’indemnités journalières, parfois parce qu’une convention collective l’exige. Pour l’accident, l’assurance est obligatoire pour les salariés, à la charge de l’employeur, et facultative pour les indépendants. L’AI, elle, couvre tout le monde, mais après un an et à hauteur d’une rente qui plafonne à 2 520 francs par mois.
Salarié, comment savoir si je suis déjà couvert ?
Demandez à votre employeur ou lisez votre contrat de travail : s’il mentionne une assurance d’indemnités journalières en cas de maladie, avec un pourcentage et une durée, souvent 80 % pendant 720 jours, vous êtes couvert pendant cette période. Regardez aussi le délai d’attente et qui paie la prime. S’il n’y a rien, ou seulement l’échelle légale, votre revenu s’arrête après quelques semaines de maladie. C’est le cas de plus de salariés qu’on ne le croit, surtout dans les petites entreprises.
Indépendant, que se passe-t-il si je tombe malade ?
Rien ne se passe, et c’est le problème : aucun salaire ne tombe, aucune assurance ne prend le relais d’office. L’AI ne verse une rente qu’après un an d’incapacité d’au moins 40 %, et la rente entière plafonne à 2 520 francs par mois. Entre le premier jour d’arrêt et cette rente, il n’y a que ce que vous avez souscrit vous-même : une indemnité journalière, pour les premiers mois, et une rente d’incapacité de gain, pour ce qui dure. Le délai d’attente se règle sur vos réserves : plus vous pouvez tenir seul, moins la prime est élevée.
Quelle différence entre indemnité journalière et rente d’incapacité de gain ?
L’indemnité journalière remplace le revenu au début de l’arrêt, dès la fin du délai d’attente, pendant 720 jours au plus. La rente d’incapacité de gain prend le relais quand l’arrêt dure, après 12 ou 24 mois, et se verse chaque mois tant que l’incapacité persiste, jusqu’à la retraite au plus tard. La première se conclut auprès d’un assureur maladie ou d’un assureur privé, la seconde dans un contrat de prévoyance, en pilier 3a ou 3b. Les deux se complètent ; le bilan dit s’il vous faut l’une, l’autre, ou les deux.
Le burn-out ou la dépression sont-ils couverts ?
Par l’indemnité journalière, oui, dès lors qu’un médecin atteste l’incapacité de travail : une maladie psychique est une maladie. Ce sont d’ailleurs parmi les arrêts les plus longs. L’AI est plus exigeante : elle évalue l’incapacité de gain sur la durée, pas l’arrêt de travail, et les décisions prennent du temps. Pour une rente privée, les conditions précisent comment les affections psychiques sont traitées, parfois avec des limitations : c’est un point à lire avant de signer.
L’accident est-il compris ?
Pas automatiquement. Un salarié est assuré contre l’accident par la LAA de son employeur, qui verse 80 % du salaire dès le troisième jour, sans limite de 720 jours. Une indemnité journalière maladie ne couvre donc que la maladie. Un indépendant, lui, n’a la LAA que s’il y a souscrit volontairement ; sinon, son indemnité journalière doit inclure l’accident, ou il reste découvert. Une rente d’incapacité de gain couvre en général les deux causes, à vérifier dans le contrat.
LAMal ou LCA, laquelle choisir pour une indemnité journalière ?
L’indemnité journalière selon la LAMal est un droit : toute personne de 15 à 65 ans domiciliée en Suisse peut la conclure, l’assureur ne peut pas la refuser, et une réserve de santé tombe après cinq ans au plus. Mais les montants proposés sont faibles, souvent quelques dizaines de francs par jour. Celle selon la LCA se dimensionne sur votre revenu réel, avec un questionnaire de santé, des réserves ou des exclusions possibles, et une prime qui dépend de l’âge. Pour un revenu à remplacer, c’est presque toujours la LCA ; la LAMal sert de socle ou de solution quand la santé ferme les autres portes.
Je quitte mon employeur. Que devient l’assurance collective ?
Elle s’arrête avec le contrat de travail. Selon la LAMal, vous avez le droit de passer dans l’assurance individuelle du même assureur ; selon la LCA, ce droit dépend des conditions, et il existe le plus souvent, dans un délai de quelques semaines à trois mois. Si vous partez en incapacité de travail, ou avec une maladie connue, ce passage est la seule façon de rester couvert sans nouveau questionnaire. Ne laissez pas passer le délai : après, c’est un nouveau contrat, avec votre santé du jour.
Au chômage, suis-je couvert ?
En partie, et pas longtemps. Malade pendant le chômage, vous gardez vos indemnités jusqu’au 30e jour de l’incapacité, et au plus pour 44 jours sur l’ensemble de votre délai-cadre. Au-delà, l’assurance chômage ne paie plus. Vaud et Genève ont une assurance cantonale perte de gain maladie pour les chômeurs, sous conditions ; ailleurs, renseignez-vous auprès de votre caisse de chômage. Si vous quittez un emploi couvert par une assurance collective, demandez le passage dans l’assurance individuelle avant l’échéance du délai : c’est souvent la meilleure protection pendant le chômage.
Allocations pour perte de gain (APG) et assurance perte de gain, est-ce la même chose ?
Non. Les allocations pour perte de gain de l’État, les APG, compensent le revenu pendant un service militaire, civil ou de protection civile, un congé de maternité, de paternité ou d’adoption. Elles sont financées par des cotisations sur le salaire et versées par les caisses de compensation. Elles ne couvrent ni la maladie ni l’accident. L’assurance perte de gain, elle, est une assurance privée ou collective qui remplace le revenu quand une maladie ou un accident empêche de travailler.
Une maladie déjà connue est-elle couverte ?
Non, en général. Ce qui existe à la signature fait l’objet d’une réserve, c’est-à-dire d’une exclusion, temporaire en LAMal, cinq ans au plus, souvent définitive en LCA. Tout ce qui survient ensuite est couvert. C’est la raison d’assurer tôt, en bonne santé : la prime est plus basse, et rien n’est exclu.
Combien coûte une assurance perte de gain ?
Cela dépend de l’âge, du revenu assuré, du délai d’attente, du métier et de la santé ; il n’y a pas de prime type. Le délai d’attente est le levier principal : passer de 30 à 90 jours fait baisser la prime nettement, sans toucher à la protection là où elle compte, c’est-à-dire sur un arrêt long. Nous ne publions pas de tarif : une prime honnête se calcule sur votre situation, et sur ce que vous touchez déjà.
Que coûte Trusteo ?
Rien pour vous. Trusteo est rémunéré par les assureurs et les partenaires avec qui il travaille, comme tout intermédiaire inscrit au registre. Cela ne change pas la prime que vous payez, et vous restez libre de ne donner aucune suite à une offre.
Sans engagement
