Assurance accidents
L’assurance est obligatoire. L’assureur se choisit.
L’assurance accidents LAA : ce qu’elle couvre, qui paie, Suva ou assureur privé, et ce qui reste à décider.
L’obligation
Dès le premier collaborateur. Avant son premier jour.
Depuis 1984, la loi fédérale sur l’assurance-accidents oblige chaque employeur en Suisse à assurer son personnel contre les accidents et les maladies professionnelles. Il n’y a pas de seuil, pas de délai de grâce, pas d’exception pour les petites structures. Ce qui se décide, c’est l’assureur, le taux, et ce qu’on ajoute au-dessus du minimum légal.
Ce qu’elle couvre
Deux risques, et les mêmes prestations chez tous les assureurs.
La loi fixe ce que la LAA verse. L’assureur ne peut ni le réduire, ni le refuser.
Accidents professionnels
Tout le personnel, dès la première heure
- Les accidents survenus au travail, ou en accomplissant une tâche pour l’entreprise
- Les maladies professionnelles, traitées de la même façon
- Le trajet entre le domicile et le travail, pour qui n’a pas l’ANP
Accidents non professionnels
Dès huit heures par semaine
- Tout accident hors du travail : à la maison, en sport, en vacances
- Pour chaque personne qui travaille au moins huit heures par semaine chez le même employeur
- En dessous, le collaborateur s’assure lui-même via sa caisse-maladie

Les prestations légales
Les soins, le salaire, et la suite si elle ne s’arrange pas
- Traitement médical : médecin, hôpital en division commune, médicaments, moyens auxiliaires, transport
- Indemnité journalière de 80 % du salaire assuré, dès le 3e jour qui suit l’accident
- Rente d’invalidité, jusqu’à 80 % du gain assuré en cas d’invalidité totale
- Rentes de survivants pour le conjoint et les enfants en cas de décès
- Indemnité pour atteinte à l’intégrité, versée en capital
- Allocation pour impotent, si l’aide d’un tiers devient nécessaire au quotidien
Le gain assuré est plafonné à 148 200 francs par an et par personne. Tout ce qui se calcule en pourcentage se calcule sur ce plafond.

Les primes
Un taux sur les salaires. Deux payeurs.
La prime ne se négocie pas sur les prestations, qui sont fixées par la loi. Elle se négocie sur le taux.
- La masse salariale
- La prime est un taux appliqué aux salaires versés, exprimé en pour mille. Le salaire de chaque personne compte jusqu’à 148 200 francs par an, 13e salaire compris ; au-delà, il n’est plus assuré.
- L’activité
- Chaque entreprise est rangée dans une classe de risque selon ce qu’elle fait. Un bureau et un atelier de menuiserie ne paient pas le même taux, et le taux diffère aussi entre accidents professionnels et non professionnels.
- AP : l’employeur
- Les primes des accidents professionnels et des maladies professionnelles sont entièrement à la charge de l’entreprise. C’est la loi, pas une option.
- ANP : le collaborateur
- Les primes des accidents non professionnels sont en principe à la charge des collaborateurs, retenues sur le salaire. L’employeur reste débiteur envers l’assureur, et peut décider de les prendre à sa charge.
Les primes payées par l’entreprise sont une charge d’exploitation, déductible comme les salaires qu’elles accompagnent.

Suva ou assureur privé
Certaines branches n’ont pas le choix. Les autres, si.
La loi attribue à la Suva les entreprises de certaines branches, notamment le bâtiment, l’industrie, les exploitations forestières, les transports et l’administration fédérale. Toutes les autres choisissent leur assureur, parmi les assureurs privés autorisés, les caisses-maladie et les caisses publiques d’assurance accidents.
- Les prestations légales sont identiques, quel que soit l’assureur
- Le taux de prime, lui, varie d’un assureur à l’autre pour la même activité
- La gestion des sinistres et l’accompagnement diffèrent : c’est là que se voit la différence au quotidien
- La complémentaire LAAC se conclut chez le même assureur, et s’y négocie en même temps
Si votre entreprise relève de la Suva, il n’y a rien à comparer pour la LAA. La LAAC, elle, reste à choisir librement.
Ce qui reste ouvert
La LAA fixe un minimum. Six choses qu’elle ne couvre pas.
Chacune se ferme par l’assurance complémentaire LAAC, ou par l’assurance facultative pour le patron. Aucune n’est obligatoire ; toutes se décident.
- 01
Le salaire au-delà du plafond
Au-dessus de 148 200 francs par an, rien n’est assuré. Indemnités journalières et rentes se calculent sur le plafond, pas sur le salaire réel.
- 02
Les 20 % manquants
L’indemnité journalière couvre 80 % du salaire assuré. Les 20 % restants sont à la charge de l’entreprise, ou du collaborateur, selon le contrat de travail.
- 03
La division commune
La LAA prend en charge l’hôpital en division commune. La chambre à deux lits ou individuelle, et le libre choix du médecin, relèvent de la complémentaire.
- 04
La faute grave
Lors d’un accident non professionnel dû à une faute grave, les indemnités journalières sont réduites. Pour une entreprise téméraire, les prestations en espèces peuvent être réduites de moitié, voire refusées.
- 05
Les deux jours de carence
L’indemnité journalière commence le 3e jour. Le jour de l’accident et les deux suivants, l’employeur verse 80 % du salaire de sa poche.
- 06
Le patron lui-même
En raison individuelle, l’indépendant n’est pas couvert par la LAA, ni les membres de sa famille qui travaillent sans salaire. Une assurance facultative existe, aux mêmes prestations.
La LAAC se module par catégorie de personnel : tout le monde, ou les cadres seulement.
Vos obligations
Trois moments où l’employeur a quelque chose à faire.
Avant le premier jour
Conclure le contrat
La couverture doit exister dès l’entrée en service. Sans contrat, la Caisse supplétive LAA prend le relais en cas d’accident, puis réclame à l’entreprise une prime spéciale, rétroactive et majorée.
Le jour de l’accident
Annoncer sans délai
Le collaborateur prévient l’entreprise, l’entreprise prévient l’assureur. La déclaration déclenche la prise en charge des soins et le versement de l’indemnité journalière.
À la fin des rapports de travail
Informer par écrit
La couverture des accidents non professionnels cesse 31 jours après la fin du droit au salaire. L’employeur doit informer le collaborateur qu’il peut la prolonger jusqu’à six mois par une assurance par convention.
En quatre mots
Ce que Trusteo fait pour votre entreprise.
Comparé
Les taux de prime et les conditions LAAC de plusieurs assureurs, pour votre classe de risque et votre masse salariale.
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La LAA, la LAAC et la perte de gain maladie s’examinent ensemble : c’est le même salaire à protéger, sous trois angles.
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Trusteo est rémunéré par les assureurs et les partenaires avec qui il travaille, comme tout intermédiaire inscrit au registre. Cela ne change pas votre prime.
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Qui doit conclure une assurance accidents LAA ?
Tout employeur en Suisse, dès le premier collaborateur, y compris pour un apprenti, un stagiaire rémunéré ou une personne engagée quelques heures par semaine. L’obligation vaut aussi pour les sociétés dont le dirigeant se verse un salaire : il est alors collaborateur de sa propre société, et couvert comme tel.
Qu’est-ce qu’un accident, au sens de la LAA ?
Une atteinte dommageable, soudaine et involontaire, causée par un facteur extérieur extraordinaire. Une chute, une coupure, une collision. Certaines lésions sont assimilées à un accident même sans cause extérieure, comme les fractures, les luxations ou les déchirures musculaires. La maladie, elle, n’en fait pas partie : elle relève de l’assurance perte de gain maladie, qui n’est pas obligatoire.
Quelle est la différence entre accidents professionnels et non professionnels ?
Un accident professionnel survient pendant le travail, ou en accomplissant une tâche pour l’entreprise. Un accident non professionnel survient en dehors : à la maison, en sport, en vacances. Les maladies professionnelles sont traitées comme des accidents professionnels. Tous les collaborateurs sont couverts pour le professionnel ; seuls ceux qui travaillent au moins huit heures par semaine chez le même employeur le sont aussi pour le non professionnel.
Que se passe-t-il pour un collaborateur à moins de huit heures par semaine ?
Il est couvert par la LAA pour les accidents professionnels et sur le trajet entre son domicile et son lieu de travail. Pour le reste de sa vie, il doit s’assurer lui-même contre les accidents auprès de sa caisse-maladie, en incluant le risque accident dans son assurance de base.
Combien coûte la LAA ?
Un taux en pour mille appliqué à la masse salariale, distinct pour les accidents professionnels et non professionnels, fixé selon la classe de risque de l’entreprise. Le taux varie d’un assureur à l’autre pour la même activité : c’est précisément ce qui se compare. Le salaire de chaque personne compte jusqu’à 148 200 francs par an.
Qui paie les primes ?
L’entreprise paie les primes des accidents professionnels et des maladies professionnelles. Les primes des accidents non professionnels sont en principe à la charge des collaborateurs, retenues sur leur salaire, mais l’employeur peut choisir de les prendre en charge. Dans tous les cas, c’est l’employeur qui doit les primes à l’assureur.
Suva ou assureur privé : ai-je le choix ?
Cela dépend de l’activité. La loi attribue certaines branches à la Suva, notamment le bâtiment, l’industrie, les exploitations forestières, les transports et l’administration fédérale. Une entreprise qui n’y figure pas choisit librement entre les assureurs privés autorisés, les caisses-maladie et les caisses publiques d’assurance accidents. Les prestations légales sont les mêmes partout.
Que verse la LAA en cas d’incapacité de travail ?
Une indemnité journalière de 80 % du salaire assuré, dès le 3e jour qui suit l’accident, pour tous les jours, week-ends compris. Le jour de l’accident et les deux jours suivants, c’est l’employeur qui verse 80 % du salaire. Si l’incapacité devient définitive, l’indemnité laisse place à une rente d’invalidité, jusqu’à 80 % du gain assuré.
Et en cas de décès ?
La LAA verse une rente au conjoint survivant, en principe 40 % du gain assuré, et une rente à chaque enfant, 15 % pour un orphelin de père ou de mère, 25 % pour un orphelin des deux. L’ensemble ne dépasse pas 70 % du gain assuré. Le partenaire non marié n’y a pas droit.
À quoi sert l’assurance complémentaire LAAC ?
À fermer ce que la LAA laisse ouvert : le salaire au-dessus de 148 200 francs, les 20 % d’indemnité journalière manquants, l’hôpital en division semi-privée ou privée, les réductions pour faute grave, un capital en cas d’invalidité ou de décès. Elle n’est pas obligatoire et se module par catégorie de personnel, par exemple pour les cadres seulement.
Un collaborateur quitte l’entreprise : jusqu’à quand est-il couvert ?
Pour les accidents non professionnels, jusqu’au 31e jour après la fin du droit au salaire. Il peut ensuite prolonger cette couverture jusqu’à six mois par une assurance par convention, contre une prime mensuelle, en s’adressant à l’assureur de son ancien employeur avant l’échéance. L’employeur a l’obligation de l’en informer par écrit.
Je suis indépendant : suis-je couvert ?
Non, pas d’office. La LAA ne couvre que les personnes salariées. Un indépendant en raison individuelle, comme les membres de sa famille qui travaillent dans l’entreprise sans salaire, peut conclure une assurance facultative, aux mêmes prestations que l’assurance obligatoire. Sans elle, un accident relève de sa caisse-maladie, sans indemnité journalière. Dès le 1er janvier 2027, le revenu assuré minimal de cette assurance facultative baisse de 66 690 à 44 460 francs, ce qui l’ouvre aux petits revenus.
Que coûte Trusteo ?
Rien pour votre entreprise. Trusteo est rémunéré par les assureurs et les partenaires avec qui il travaille, comme tout intermédiaire inscrit au registre. Cela ne change pas le taux de prime, et vous restez libre de ne donner aucune suite à une offre.
Les prestations sont fixées par la loi. Le taux, non.
