Prévoyance professionnelle
La LPP est obligatoire. Le plan, lui, se choisit.
Dès qu’un salarié gagne plus de 22 680 francs par an, vous devez l’affilier à une caisse de pension. Ce que la loi impose, ce que le plan ajoute, et ce qui se compare entre deux caisses.
Le constat
Dès le premier salarié au-dessus du seuil. Et pour toute sa carrière.
La loi sur la prévoyance professionnelle oblige chaque employeur à assurer son personnel pour la retraite, l’invalidité et le décès, dès qu’un salaire dépasse 22 680 francs par an. L’entreprise paie au moins la moitié des cotisations. Ce qu’elle choisit, c’est la caisse, le plan, et tout ce qui dépasse le minimum légal : c’est là que se joue la retraite de ses collaborateurs, et une bonne part de sa masse salariale.
Ce qu’elle couvre
Un minimum fixé par la loi. Un plan qui peut aller bien plus loin.
Chiffres 2026. Ils changent quand les rentes AVS sont adaptées.
Le minimum légal
Un avoir qui grandit avec l’âge
- Sur le salaire coordonné : le salaire moins 26 460 francs, au plus 64 260 francs
- Bonifications de 7 % à 18 % selon l’âge, dès 25 ans
- Intérêt minimal de 1,25 %, taux de conversion de 6,8 % à la retraite
Le minimum légal
Si la carrière s’arrête avant
- Dès 18 ans, avant même l’épargne
- Une rente d’invalidité, calculée sur l’avoir projeté jusqu’à la retraite
- Au décès, 60 % de cette rente pour le conjoint, 20 % par orphelin

Ce que le plan ajoute
Tout ce qui dépasse le minimum, et qui fait la différence
- Une déduction de coordination réduite ou adaptée au taux d’occupation, pour les temps partiels
- Des bonifications plus élevées, ou lissées entre les âges
- Un salaire assuré au-delà de 90 720 francs, pour les cadres et les hauts revenus
- Des rentes d’invalidité et de survivants plus hautes que le minimum
- Une retraite anticipée dès 58 ans, ou progressive
- Le choix entre rente et capital au départ, au-delà du quart légal
Le minimum légal vise, avec l’AVS, environ 60 % du dernier salaire. Pour un salaire moyen, il y arrive à peu près. Pour un temps partiel ou un cadre, il en est loin : c’est le plan qui comble l’écart, ou pas.

Les cotisations
Un pourcentage du salaire. Il monte avec l’âge.
La cotisation dit combien l’entreprise épargne pour chaque collaborateur, et combien elle paie pour l’assurer.
- Le salaire coordonné
- Le salaire AVS moins la déduction de coordination de 26 460 francs, au minimum 3 780 francs et au maximum 64 260 francs en 2026. C’est sur ce montant que se calcule le minimum légal ; un plan surobligatoire assure davantage.
- L’âge
- Les bonifications vieillesse montent avec l’âge : 7 % du salaire coordonné de 25 à 34 ans, 10 % de 35 à 44, 15 % de 45 à 54, 18 % de 55 à 65. Une équipe âgée coûte plus cher qu’une équipe jeune, à salaire égal.
- Le risque et les frais
- À l’épargne s’ajoutent la prime pour l’invalidité et le décès, qui dépend de la branche et de l’âge, les frais d’administration et la contribution au fonds de garantie. C’est là que deux caisses diffèrent le plus.
- La répartition
- L’employeur paie au moins la moitié de la cotisation totale ; le reste est retenu sur le salaire. Beaucoup d’entreprises prennent 60 % ou plus : c’est un choix, et un argument d’embauche.
L’épargne est la même partout, à plan égal : c’est de l’argent qui appartient au collaborateur. Les primes de risque et les frais, eux, varient d’une caisse à l’autre, et c’est ce qui se compare.

Complète ou semi-autonome
Qui porte le risque des placements.
La quasi-totalité des PME s’affilient à une fondation collective, gérée par un assureur ou indépendante. La vraie question n’est pas le nom de la fondation, mais qui garantit quoi.
- En assurance complète, l’assureur garantit tout : l’épargne, l’intérêt, les rentes. Le taux de couverture est toujours de 100 %, l’intérêt crédité souvent proche du minimum
- En semi-autonome, la fondation place l’épargne elle-même et assure les risques ; le rendement peut être plus élevé, et un assainissement possible si les marchés tombent
- Une caisse propre ne se justifie qu’à partir de plusieurs centaines de collaborateurs
- Dans les deux cas, le minimum légal est garanti par la loi et par le fonds de garantie
Une équipe jeune supporte mieux un modèle semi-autonome ; une équipe proche de la retraite préfère souvent la garantie. Il n’y a pas de bonne réponse en général, seulement pour une entreprise donnée.
Ce qui se décide
Six réglages. Chacun change la retraite de quelqu’un.
Le minimum légal est le même pour tous. Ce qui distingue deux plans, c’est ce qu’on y a ajouté, et pour qui.
- 01
Les temps partiels
Avec la déduction de coordination pleine, un salaire à 50 % n’assure presque rien. Beaucoup de plans l’adaptent au taux d’occupation. Pour une équipe à temps partiel, c’est le réglage qui compte le plus.
- 02
Les cadres
Au-dessus de 90 720 francs de salaire, la LPP obligatoire s’arrête. Un plan surobligatoire, parfois séparé pour les cadres, assure la suite. Sans lui, le taux de remplacement d’un haut salaire s’effondre à la retraite.
- 03
Le patron lui-même
Le dirigeant salarié de sa société est affilié comme les autres. L’indépendant en raison individuelle ne l’est pas d’office : il peut s’affilier à la caisse de son personnel, à celle de son association professionnelle ou à l’institution supplétive.
- 04
Le rachat
Un collaborateur qui a des lacunes peut racheter des années, avec une déduction fiscale à la clé. Le plan doit le prévoir et le certificat annuel doit indiquer le montant possible. C’est un avantage qui ne coûte rien à l’entreprise.
- 05
Rente ou capital
Au départ, la loi garantit au moins un quart de l’avoir obligatoire en capital. Le plan peut aller jusqu’à la totalité. Le taux de conversion, 6,8 % sur l’obligatoire et souvent moins sur le reste, dit ce que vaut la rente.
- 06
Le changement de caisse
Un contrat se résilie en général pour la fin de l’année, avec six mois de préavis, et avec l’accord du personnel. Les avoirs, les rentiers et les réserves suivent, selon des règles à négocier. On change pour de bonnes raisons, pas chaque année.
Le même plan, demandé à plusieurs fondations, sur la même liste de salaires : c’est la seule façon de comparer.
En pratique
Trois moments où l’employeur a quelque chose à faire.
À la première embauche
S’affilier avant le premier salaire
Dès qu’un collaborateur dépasse le seuil d’entrée, l’entreprise doit être affiliée à une institution de prévoyance. Sans affiliation, l’institution supplétive la rattache d’office, avec effet rétroactif et sans négociation.
Chaque année
Annoncer les salaires et les mouvements
Les salaires AVS, les entrées, les sorties, les changements de taux. À la sortie d’un collaborateur, son avoir part vers sa nouvelle caisse ou un compte de libre passage ; il ne reste jamais dans l’entreprise.
Tous les trois à cinq ans
Comparer, même sans changer
Le taux d’intérêt crédité, le taux de conversion sur le surobligatoire, les primes de risque et les frais bougent d’une caisse à l’autre. Une comparaison à conditions égales dit si le plan actuel tient encore. Souvent oui ; parfois non.
Un collaborateur part sans nouvel employeur ? Son avoir va sur un compte de libre passage, qu’il choisit. La page compte de libre passage lui explique où le placer. Et pour vos collaborateurs qui veulent comprendre leur propre caisse : le 2e pilier côté salarié.
En quatre mots
Ce que Trusteo fait pour votre entreprise.
Comparé
Les plans de plusieurs fondations collectives, à salaires et prestations égaux : intérêt, conversion, primes de risque, frais.
Lisible
Un tableau qui dit ce que chaque plan coûte à l’entreprise, ce qu’il coûte au collaborateur, et ce qu’il lui verse à la retraite.
Suivi
Un interlocuteur qui connaît votre plan, pour les entrées et sorties, les cadres, les rachats et le renouvellement.
Gratuit
Trusteo est rémunéré par les institutions et les partenaires avec qui il travaille, comme tout intermédiaire inscrit au registre. Cela ne change pas vos cotisations.
À lire avant de choisir.

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Ce que vous voulez probablement savoir.
Ce que la loi impose, ce que le plan décide, et ce que vos collaborateurs toucheront un jour.
Quels collaborateurs doivent être assurés ?
Tous ceux qui gagnent plus de 22 680 francs par an chez le même employeur, en 2026. Pour les risques d’invalidité et de décès, dès le 1er janvier qui suit leurs 17 ans ; pour l’épargne, dès le 1er janvier qui suit leurs 24 ans. Un plan peut aller plus loin et assurer aussi les salaires plus bas ou les plus jeunes.
Qu’est-ce que le salaire coordonné ?
La part du salaire assurée par la LPP obligatoire. On retire du salaire AVS la déduction de coordination, 26 460 francs en 2026, parce que l’AVS couvre déjà cette tranche. Le résultat est d’au moins 3 780 francs et d’au plus 64 260 francs. Au-delà d’un salaire de 90 720 francs, la LPP obligatoire ne couvre plus rien : c’est le domaine du surobligatoire.
Combien coûte la LPP à l’entreprise ?
Les bonifications vieillesse vont de 7 % à 18 % du salaire coordonné selon l’âge, auxquelles s’ajoutent la prime de risque, les frais et le fonds de garantie. L’employeur en paie au moins la moitié. Pour une PME, c’est en général la deuxième charge après les salaires, et celle qui varie le plus d’une caisse à l’autre à prestations égales.
Que se passe-t-il si l’entreprise ne s’affilie pas ?
L’institution supplétive LPP l’affilie d’office, avec effet rétroactif, et réclame les cotisations dues avec des frais. Les collaborateurs restent couverts, l’entreprise ne choisit rien. C’est la situation à éviter : on s’affilie avant le premier salaire qui dépasse le seuil.
Assurance complète ou semi-autonome ?
En assurance complète, un assureur garantit l’épargne, l’intérêt et les rentes : aucun risque d’assainissement, mais un intérêt crédité souvent proche du minimum légal. En semi-autonome, la fondation place l’épargne et ne garantit que les rentes en cours : rendement potentiellement plus élevé, mais un taux de couverture qui peut passer sous 100 % et appeler des mesures. Le choix dépend de la tolérance au risque de l’entreprise et de l’âge de son personnel.
Qu’est-ce que le taux de conversion ?
Le pourcentage de l’avoir de vieillesse versé chaque année sous forme de rente. Sur la part obligatoire, il est fixé par la loi à 6,8 % : 100 000 francs d’avoir donnent 6 800 francs de rente par an, à vie. Sur la part surobligatoire, chaque caisse fixe le sien, souvent nettement plus bas. C’est un des chiffres à comparer avant de choisir.
Qu’est-ce que le taux d’intérêt minimal ?
L’intérêt que la caisse doit au moins créditer chaque année sur l’avoir obligatoire : 1,25 % en 2026, fixé par le Conseil fédéral. Beaucoup de caisses créditent davantage les bonnes années, et c’est cet écart, sur trente ans, qui fait la différence à la retraite.
Le dirigeant est-il assuré ?
S’il se verse un salaire par sa société, oui, comme n’importe quel collaborateur. En raison individuelle, il n’est pas soumis à la LPP et s’assure s’il le veut : auprès de la caisse de son personnel, de celle de son association professionnelle ou de l’institution supplétive. Sans quoi il ne lui reste que l’AVS et le 3e pilier.
Que touchent les proches en cas de décès ?
Le minimum légal prévoit une rente de conjoint ou de partenaire enregistré de 60 % de la rente d’invalidité assurée, et une rente d’orphelin de 20 % par enfant. Le concubin n’a droit à rien de par la loi ; le règlement de la caisse peut le prévoir, à condition qu’il ait été annoncé. Un plan surobligatoire relève ces pourcentages.
Un collaborateur peut-il retirer son avoir ?
Dans trois cas : pour acheter son logement principal, pour se mettre à son compte, ou pour quitter définitivement la Suisse, avec des limites selon le pays. Sinon, l’avoir reste dans le 2e pilier et le suit de caisse en caisse jusqu’à la retraite. À la sortie d’une entreprise, il part sur un compte de libre passage s’il n’y a pas de nouvel employeur.
Peut-on changer de caisse de pension ?
Oui, en général pour la fin d’une année civile, avec six mois de préavis, et avec l’accord du personnel ou de sa représentation. Les avoirs des actifs sont transférés ; le sort des rentiers et des réserves se négocie avec l’ancienne caisse. Un changement se prépare au printemps pour le 1er janvier suivant.
Que coûte Trusteo ?
Rien pour votre entreprise. Trusteo est rémunéré par les institutions et les partenaires avec qui il travaille, comme tout intermédiaire inscrit au registre. Cela ne change pas les cotisations, et vous restez libre de ne donner aucune suite à une offre.
Le minimum est le même partout. Le reste, non.
