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Plan de prévoyance pour cadres : assurer mieux les hauts salaires, et soi-même

Plan de base étendu, plan cadres, plan 1e avec choix de placement : les règles de collectivité, les plafonds, les avantages fiscaux, sur l’exemple d’un salaire de 180 000 francs.

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Une directrice et un conseiller discutent autour d’une table dans un bureau vitré qui donne sur une vieille ville au bord du lac.

Le minimum légal de la caisse de pension n’assure le salaire que jusqu’à 90 720 francs par an (LPP, art. 8). Au-delà, l’entreprise peut assurer une part plus grande par un plan complémentaire, souvent appelé plan cadres, jusqu’à 907 200 francs de salaire (LPP, art. 79c). Pour la part au-dessus de 136 080 francs, un plan 1e permet même à chaque assuré de choisir sa stratégie de placement (OPP 2, art. 1e). Ces plans doivent respecter des règles : des catégories d’assurés fixées sur des critères objectifs, et des prestations qui restent adéquates.

Ce guide explique les trois façons d’assurer mieux les hauts salaires, les règles à respecter, puis l’exemple d’un cadre à 180 000 francs. Les règles citées viennent des lois fédérales et de leurs ordonnances, consultées en octobre 2026. Le fonctionnement de base est sur notre page prévoyance professionnelle LPP.

Trois façons d’assurer mieux

Les plans possibles au-delà du minimum légal.
PlanCe qu’il assurePour qui
Plan de base étenduTout le personnel au-delà du minimum : salaire coordonné plus élevé, cotisations plus fortesUne entreprise qui veut un plan attractif pour tous
Plan cadresLa part de salaire au-dessus d’un seuil, ou une catégorie de fonctionsLes cadres et la direction, selon des critères objectifs
Plan 1eSeulement la part au-dessus de 136 080 francs, avec un choix de stratégies de placementLes hauts salaires prêts à porter le risque de placement

Les règles à respecter

  • La collectivité : les catégories d’assurés se définissent sur des critères objectifs, comme la fonction, la hiérarchie, l’ancienneté, l’âge ou le salaire. Un plan peut n’assurer qu’une personne, si le règlement permet en principe d’en assurer d’autres (OPP 2, art. 1c).
  • L’adéquation : les prestations ne dépassent pas 70 % du dernier salaire assurable, ou les cotisations de vieillesse 25 % des salaires assurables par an (OPP 2, art. 1).
  • Le choix : au plus trois plans par catégorie, avec la même cotisation de l’employeur dans chacun (OPP 2, art. 1d).
  • Le principe d’assurance : au moins 4 % des cotisations doivent financer la couverture décès et invalidité (OPP 2, art. 1h).
  • Le plafond : le salaire assurable ne dépasse pas dix fois 90 720 francs, soit 907 200 francs (LPP, art. 79c).

Le plan 1e : choisir ses placements, et en porter le risque

Une caisse qui assure seulement la part de salaire au-dessus d’une fois et demie 90 720 francs, soit 136 080 francs, peut proposer jusqu’à dix stratégies de placement (OPP 2, art. 1e). À la sortie, l’assuré reçoit la valeur effective de son avoir, sans garantie minimale : en cas de baisse des marchés, il perd (LFLP, art. 19a). La caisse doit proposer au moins une stratégie à faible risque et l’informer par écrit des risques et des coûts.

Un exemple : un cadre à 180 000 francs

  • Le minimum légal n’assure que la part entre 26 460 et 90 720 francs, soit 64 260 francs de salaire coordonné.
  • Un plan cadres peut assurer le salaire jusqu’à 180 000 francs, avec des cotisations proportionnelles.
  • Un plan 1e pourrait prendre la part au-dessus de 136 080 francs, soit 43 920 francs, avec le choix des placements.

Les cotisations de l’employeur sont des charges déductibles pour l’entreprise ; celles du cadre, et ses rachats, se déduisent de son revenu imposable. Un plan plus large crée aussi un potentiel de rachat plus élevé : voir rachat LPP. Pour le dirigeant salarié de sa propre société, c’est souvent la façon la plus efficace d’épargner pour la retraite.

Combien ça coûte : l’exemple chiffré

Une cadre de 45 ans gagne 180 000 francs par an. Pour comparer, appliquons le taux d’épargne du minimum légal à son âge, 15 % du salaire assuré, à deux plans. Plan illustratif : les plans réels ont leurs propres taux, et les cotisations de risque s’ajoutent.

Épargne annuelle pour une cadre de 45 ans à 180 000 francs, au taux de 15 %, partagée à moitié.
Minimum légalPlan cadres sur tout le salaire
Salaire assuré64 260 francs153 540 francs
Épargne par an9 639 francs23 031 francs
Part de l’employeur4 820 francs11 516 francs
Part de la cadre4 820 francs11 516 francs

Le plan cadres coûte ici environ 6 700 francs de plus par an à l’entreprise, et autant à la cadre. Pour elle, la cotisation supplémentaire se déduit de son revenu imposable : à un taux marginal de 35 %, elle économise environ 2 300 francs d’impôts par an. Pour l’entreprise, c’est une charge déductible, et souvent un argument pour recruter et garder un cadre.

Les rachats

Un plan plus large crée un potentiel de rachat plus élevé : la différence entre l’avoir que le plan prévoit à l’âge de la cadre et l’avoir qu’elle a réellement. Les rachats se déduisent du revenu imposable. Mais les prestations qui en résultent ne peuvent pas être retirées en capital avant trois ans (LPP, art. 79b) : un rachat juste avant une retraite en capital ou un achat immobilier est risqué. Voir rachat LPP.

Plan 1e : pour qui ?

  • Un horizon long : à plus de dix ans de la retraite, une stratégie plus risquée a le temps de compenser une mauvaise année.
  • Une tolérance au risque : à la sortie, l’assuré reçoit la valeur réelle de ses placements, sans garantie (LFLP, art. 19a).
  • Une part de salaire suffisante au-dessus de 136 080 francs, sinon le plan reste marginal.
  • Le dirigeant actionnaire apprécie souvent de choisir sa stratégie ; à l’approche de la retraite, la stratégie à faible risque, obligatoire dans l’offre, sécurise l’avoir.

Ce qu’il faut retenir

  • Le minimum légal s’arrête à 90 720 francs de salaire ; un plan complémentaire peut aller jusqu’à 907 200 francs.
  • Catégories d’assurés sur des critères objectifs, prestations adéquates, au plus trois plans par catégorie.
  • Plan 1e : seulement au-dessus de 136 080 francs, avec choix des placements et risque à la charge de l’assuré.
  • Cotisations déductibles pour l’entreprise et le cadre, rachats compris.
  • Exemple à 180 000 francs : environ 6 700 francs de plus par an pour l’entreprise et autant pour le cadre, déductibles ; rachats bloqués trois ans pour un retrait en capital (LPP, art. 79b).

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