Rente ou capital : que choisir pour son 2e pilier ?
Revenu garanti à vie ou capital à faire durer : ce que la loi permet, combien d’années le capital représente, l’impôt, et pourquoi le mélange gagne souvent.
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La rente vous verse un revenu garanti jusqu’à la fin de votre vie, et une rente à votre conjoint après vous. Le capital vous laisse libre de l’utiliser et de le transmettre, mais c’est à vous de le faire durer. La loi vous garantit au moins un quart de votre avoir obligatoire en capital ; le reste dépend du règlement de votre caisse. Le choix est définitif, et il se fait avant la retraite.
Ce que la loi prévoit
Par défaut, la caisse verse une rente (LPP, article 37). Vous pouvez toujours demander un quart de votre avoir de vieillesse obligatoire en capital. Beaucoup de règlements vont plus loin et permettent de prendre la moitié ou la totalité, souvent avec un délai d’annonce : il faut faire connaître son choix un certain temps avant la retraite, parfois des années avant. Ce délai figure dans le règlement, et il se rate facilement.
Si vous êtes marié ou en partenariat enregistré, le versement en capital n’est possible qu’avec l’accord écrit de votre conjoint (article 37a).
Rente ou capital : les différences
| Critère | Rente | Capital |
|---|---|---|
| Revenu | Garanti à vie, chaque mois | Celui que vous tirez du capital, tant qu’il dure |
| Si vous vivez très longtemps | La caisse continue de payer | Le capital peut s’épuiser |
| Après votre décès | Rente de conjoint, souvent 60 % de la vôtre ; rien pour les héritiers | Ce qui reste va à vos héritiers |
| Inflation | La rente n’augmente que si la caisse en a les moyens | Dépend de la façon dont vous placez le capital |
| Impôt sur le revenu | La rente est imposée chaque année comme un revenu | Imposé une seule fois, à part et à taux réduit |
| Impôt sur la fortune | Aucun sur la rente | Le capital restant est imposé chaque année |
| Souplesse | Aucune : le montant est fixé | Totale, pour le meilleur et pour le pire |
L’inflation mérite attention. La loi n’impose pas d’adapter les rentes de vieillesse au renchérissement : la caisse décide chaque année, selon ses moyens (article 36). En pratique, une rente peut rester au même montant pendant des années, et perdre du pouvoir d’achat.
Le calcul qui décide : combien de temps le capital dure
Une rente se calcule en multipliant l’avoir par le taux de conversion de la caisse. En renversant le calcul, on voit combien d’années de rente représente le capital, sans rendement ni impôts :
| Taux de conversion | Années de rente contenues dans le capital |
|---|---|
| 6,8 % (minimum légal sur l’obligatoire) | 14,7 ans |
| 6,0 % | 16,7 ans |
| 5,5 % | 18,2 ans |
| 5,0 % | 20 ans |
Selon l’Office fédéral de la statistique, une personne de 65 ans vit en moyenne encore une vingtaine d’années, un peu plus pour une femme. Plus le taux de conversion de votre caisse est élevé, plus la rente est avantageuse face à cette durée.
Dans quel cas la rente est-elle le meilleur choix ?
- Vous voulez un revenu sûr et ne pas vous occuper de placements pendant vingt ou trente ans.
- Votre conjoint dépend de ce revenu et a moins de rentes à lui : la rente de conjoint le protège après vous.
- Votre santé est bonne, et une longue vie est probable dans votre famille.
- Le taux de conversion de votre caisse est élevé.
Dans quel cas le capital a-t-il du sens ?
- Vous voulez transmettre ce qui restera à vos enfants ou à un partenaire non marié, qui ne toucherait pas de rente de conjoint.
- Vous avez un projet précis : rembourser l’hypothèque, aider un enfant, une activité indépendante.
- Votre santé est fragile, ou votre espérance de vie plus courte.
- Le taux de conversion de votre caisse est bas, notamment sur la partie surobligatoire.
- Vous êtes à l’aise avec les placements, et d’autres revenus sûrs couvrent vos dépenses de base.
Et pourquoi pas les deux ?
C’est souvent la meilleure réponse. Une rente qui, avec l’AVS, couvre les dépenses fixes (logement, assurance maladie, alimentation), et un capital pour le reste : les projets, les imprévus, la transmission. La part de capital possible dépend du règlement, avec au moins un quart de l’avoir obligatoire.
Quelques règles de calendrier pèsent sur le choix. Un rachat dans la caisse bloque tout retrait en capital pendant trois ans (voir rachat LPP). Et les capitaux retirés la même année, 2e pilier et 3a compris, s’additionnent en général pour l’impôt : étaler le 3a sur d’autres années allège la facture (voir retrait du 3e pilier). Le calendrier complet est dans préparer sa retraite.
Comment préparer la décision
- Lisez le règlement de votre caisse : part de capital possible, délai d’annonce, taux de conversion sur l’obligatoire et le surobligatoire.
- Demandez à la caisse une simulation de rente et de capital à la date où vous comptez partir.
- Additionnez votre future rente AVS (voir rente AVS) et comparez-la à vos dépenses fixes.
- Faites calculer l’impôt : sur la rente chaque année, sur le capital une fois, dans votre canton.
- Parlez-en avec votre conjoint : son accord écrit est nécessaire pour le capital.
Cette décision engage vingt ou trente ans de revenu. Un bilan de prévoyance met la rente, le capital, l’AVS, le 3e pilier et l’impôt côte à côte avant que vous ne signiez. Le fonctionnement de la caisse est expliqué dans 2e pilier (LPP).
Ce qu’il faut retenir
- La rente est la règle ; au moins un quart de l’avoir obligatoire peut être pris en capital, davantage selon le règlement.
- Le choix se fait avant la retraite, dans un délai fixé par le règlement, et il est définitif.
- Marié ou en partenariat : le capital exige l’accord écrit du conjoint.
- Rente : sécurité à vie et rente de conjoint, mais pas d’héritage et une inflation mal couverte.
- Capital : liberté et transmission, mais c’est à vous de le faire durer, et il est imposé sur la fortune.
- Souvent, le meilleur choix est un mélange : une rente pour les dépenses fixes, un capital pour le reste.
Règles vérifiées sur la LPP (articles 36, 37 et 37a) en septembre 2026. Les exemples chiffrés sont fictifs et simplifiés.