← Tous les conseilsPrévoyance · Retraite · 7 min

Préparer sa retraite en Suisse : le calendrier de 50 à 65 ans

Faire le point à 50 ans, combler l’écart, choisir rente ou capital, retirer son 3a dans l’ordre, demander l’AVS : chaque étape de la retraite, à son âge.

Découvrir le bilan de prévoyanceParler à un conseiller
Publié le
Une femme écrit dans un agenda ouvert pendant que son compagnon montre une page parmi les documents étalés sur la table

Une retraite se prépare dès 50 ans : c’est l’âge où l’on voit encore l’écart, et où l’on a encore quinze ans pour le combler. Ensuite, tout est affaire de calendrier : les rachats avant 62 ans, le choix entre rente et capital dans le délai de votre caisse, les retraits de 3a étalés de 60 à 65 ans, la demande de rente AVS trois à quatre mois avant, et l’assurance accident à réinclure le jour du départ. Ce guide met chaque étape à sa place.

Le calendrier, en un coup d’œil

Pour un départ à 65 ans. Pour une retraite anticipée, avancez chaque étape d’autant.
ÂgeÀ fairePourquoi
Vers 50 ansChiffrer sa retraite : AVS, caisse de pension, 3a, face au budgetIl reste quinze ans pour combler un écart
De 50 à 60 ansRemplir le 3a, racheter dans la caisse, rembourser ce qui doit l’êtreChaque franc versé se déduit des impôts
Vers 58 à 60 ansChoisir l’âge de départ, et entre rente et capitalBeaucoup de caisses exigent une annonce à l’avance, parfois des années
Jusqu’à 62 ansFaire les derniers rachats dans la caisseUn rachat bloque tout retrait en capital pendant trois ans
De 60 à 65 ansRetirer les comptes 3a un par un, sur plusieurs annéesUn retrait étalé paie moins d’impôt
3 à 4 mois avantDemander la rente AVS, confirmer le choix à la caisseLa rente ne vient pas toute seule
Le jour du départRéinclure les accidents dans l’assurance maladieL’assurance de l’employeur s’arrête 31 jours après

Combien faut-il pour vivre à la retraite ?

On compte en général 70 à 80 % du dernier revenu pour garder son niveau de vie. Moins que 100 %, parce que certaines dépenses s’arrêtent : les cotisations sociales, la part de caisse de pension, les versements au 3a, les frais professionnels. D’autres restent : le logement, l’assurance maladie, dont la prime ne dépend plus de l’âge après 26 ans, et l’impôt, qui continue sur les rentes.

L’AVS et la caisse de pension visent ensemble environ 60 % du dernier salaire, souvent moins pour un salaire élevé, un temps partiel ou une carrière interrompue.

Votre écart à vous se calcule avec votre certificat de caisse de pension, votre extrait de compte AVS et votre budget. C’est le point de départ de tout le reste.

Vers 50 ans : faire le point

  • Demandez votre extrait de compte AVS à votre caisse de compensation. Il montre les années manquantes ; on ne peut les payer après coup que dans les cinq ans (voir lacunes AVS).
  • Lisez votre certificat de caisse de pension : rente projetée, rachat possible, prestations en cas d’invalidité et de décès (voir comment lire son certificat).
  • Rassemblez vos anciens avoirs : un compte de libre passage oublié après un changement d’emploi est fréquent, et nous vous aidons à le retrouver.
  • Faites le compte de vos 3a et de votre épargne libre, et estimez le budget de votre future retraite, logement compris.

De 50 à 60 ans : combler l’écart

Trois leviers, dans cet ordre en général, parce que chacun se déduit du revenu imposable :

  • Le 3a au maximum chaque année : 7 258 francs en 2026 avec une caisse de pension. Les années manquées depuis 2025 se rachètent (voir rachat 3a rétroactif). Ouvrez plusieurs comptes dès maintenant : ils se retireront séparément.
  • Le rachat dans la caisse de pension, par tranches, les années où le revenu est le plus haut (voir rachat LPP). Il faut arrêter au moins trois ans avant tout retrait en capital.
  • L’épargne libre, qui ne réduit pas l’impôt mais reste disponible, pour les imprévus et les années de transition.

C’est aussi le moment de penser au logement. Si vous êtes propriétaire, la banque recalculera un jour ce que vous pouvez supporter avec vos revenus de retraite : mieux vaut savoir tôt s’il faudra réduire l’hypothèque, et avec quel argent. Le 3a peut y servir (voir 3e pilier et achat immobilier).

Vers 58 à 60 ans : trois décisions

  • L’âge de départ. À 65 ans, ou avant : l’AVS dès 63 ans, avec une réduction à vie, la caisse souvent dès 58 ans selon le règlement (voir retraite anticipée).
  • Rente ou capital. La loi garantit au moins un quart de l’avoir obligatoire en capital ; le règlement dit le reste, et souvent jusqu’à quand l’annoncer. Marié, le capital demande l’accord écrit du conjoint (voir rente ou capital).
  • Travailler au-delà ? Ajourner la rente AVS d’un à cinq ans l’augmente à vie, et le 3a peut rester ouvert jusqu’à 70 ans si vous travaillez encore.

Ces décisions se prennent à deux si vous vivez en couple : les rentes AVS d’un couple marié sont plafonnées à 150 % de la rente maximale, et les capitaux retirés la même année par les deux conjoints s’additionnent en général pour l’impôt.

De 60 à 65 ans : retirer dans le bon ordre

Le 3a se retire dès 60 ans, compte par compte, et chaque compte sort en entier. Étalez les retraits sur plusieurs années, et jamais l’année où vous touchez un capital de la caisse de pension : les capitaux d’une même année s’additionnent, et le barème monte avec le montant (voir retrait du 3e pilier et 3e pilier et impôts).

Les derniers rachats dans la caisse doivent avoir lieu au moins trois ans avant le retrait en capital prévu. Au-delà, l’administration fiscale peut refuser la déduction après coup.

La dernière année : les démarches

  1. Confirmez à votre caisse de pension la date de départ et la forme du versement, rente, capital ou les deux, dans le délai du règlement.
  2. Déposez la demande de rente AVS auprès de la caisse de compensation qui a perçu vos dernières cotisations, trois à quatre mois avant.
  3. Prévenez vos prestataires 3a des dates de retrait prévues.
  4. Réincluez les accidents dans votre assurance maladie, dès la fin de votre emploi (voir couverture accident LAMal).
  5. Si vous partez avant 65 ans, prévoyez les cotisations AVS de personne sans activité lucrative jusqu’à l’âge de référence.

La santé et les proches, à ne pas oublier

  • Assurance maladie. Revoyez la franchise et le modèle, mais ne résiliez pas une complémentaire avant d’être accepté ailleurs : après 60 ans, un nouvel assureur peut refuser ou exclure (voir assurance santé après 50 ans).
  • Bénéficiaires. Vérifiez qui touche votre 3a et votre capital de caisse si vous décédez, surtout en concubinage. Les règles du 3a seront assouplies au 1er juin 2027.
  • Protection du conjoint. Choisir le capital supprime la rente de conjoint de la caisse (voir rentes de survivants). Une assurance décès peut la remplacer, par exemple le temps de finir de rembourser un logement.

Si les rentes ne suffisent pas

Quand l’AVS et la caisse de pension ne couvrent pas les besoins vitaux, les prestations complémentaires à l’AVS prennent le relais. Ce ne sont pas des aides sociales mais un droit, qui dépend du revenu et de la fortune ; la demande se fait dans votre canton. Mieux vaut le savoir que s’en priver.

Ce qu’il faut retenir

  • Commencez vers 50 ans : extrait de compte AVS, certificat de caisse, budget de retraite.
  • On vise en général 70 à 80 % du dernier revenu ; l’AVS et la caisse en couvrent environ 60 %.
  • De 50 à 60 ans : 3a au maximum, rachats dans la caisse, épargne libre.
  • Vers 58 à 60 ans : âge de départ et rente ou capital, dans le délai du règlement, à deux si vous êtes en couple.
  • De 60 à 65 ans : retraits de 3a étalés, derniers rachats trois ans avant tout capital.
  • La dernière année : demande AVS trois à quatre mois avant, accidents à réinclure dans l’assurance maladie.

Chaque étape de ce calendrier dépend des autres. Un bilan de prévoyance les met en ordre pour vous : ce que vous toucheriez, ce qui manquerait, et ce qu’il faut faire, à quel âge. Le fonctionnement de la caisse est expliqué dans 2e pilier (LPP).

Montants 2026 publiés par l’OFAS. Règles vérifiées sur la LAVS, la LPP, l’OPP 2 et l’OPP 3 en septembre 2026. L’exemple chiffré est fictif.