Certificat de prévoyance : comment le lire, ligne par ligne
Salaire assuré, avoir projeté, rente, rachat possible : le certificat de votre caisse de pension annoté sur un exemple, et les trois chiffres à regarder.
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Votre certificat de prévoyance arrive chaque année, en général au début de l’année. Six lignes suffisent pour savoir où vous en êtes : le salaire assuré, votre avoir de vieillesse, sa projection à la retraite, la rente projetée, les prestations en cas d’invalidité et de décès, et le montant de rachat possible. Le reste sert surtout à vérifier que la caisse a les bons chiffres. Chaque terme est défini dans notre lexique de la prévoyance.
Pourquoi vous le recevez
La loi oblige votre caisse de pension à vous renseigner chaque année sur vos droits aux prestations, votre salaire coordonné, le taux de cotisation et votre avoir de vieillesse (LPP, article 86b). Le certificat est ce document. Sa présentation change d’une caisse à l’autre, mais on y retrouve toujours les mêmes rubriques. Sur demande, la caisse doit aussi vous remettre ses comptes et son rapport annuel.
Un certificat annoté, ligne par ligne
L’exemple ci-dessous est fictif : une salariée de 45 ans, 80 000 francs de salaire annuel, assurée au minimum légal. Les chiffres de votre certificat seront différents, mais les lignes sont les mêmes.
| Ligne du certificat | Exemple | Ce que ça veut dire | Ce qu’il faut en tirer |
|---|---|---|---|
| Salaire annuel déclaré | 80 000 | Le salaire que votre employeur a annoncé à la caisse | À comparer avec votre fiche de salaire : une erreur ici fausse tout le reste |
| Salaire assuré (ou coordonné) | 53 540 | La part du salaire sur laquelle la caisse épargne : salaire moins la déduction de coordination | S’il est bas par rapport au salaire, notamment à temps partiel, votre retraite l’est aussi |
| Cotisations d’épargne | 8 031 par an, dont 4 016 à votre charge | Ce qui alimente chaque année votre avoir de vieillesse | Votre part est sur votre fiche de salaire ; l’employeur paie au moins autant |
| Avoir de vieillesse actuel | 150 000 | Votre épargne à ce jour, intérêts compris | C’est aussi, en principe, votre prestation de libre passage si vous quittez l’employeur |
| dont avoir LPP (obligatoire) | 120 000 | La part soumise au minimum légal | Le taux de conversion légal de 6,8 % ne s’applique qu’à elle |
| Avoir projeté à 65 ans | 376 700 | Estimation, avec un taux d’intérêt supposé (ici 1 %) et un salaire constant | Une projection, pas une promesse : elle change chaque année |
| Rente de vieillesse projetée | 21 850 par an, 1 820 par mois | L’avoir projeté multiplié par le taux de conversion de la caisse (ici 5,8 %) | Ajoutez votre rente AVS, puis comparez au revenu dont vous aurez besoin |
| Rente d’invalidité | 22 200 par an | Ce que la caisse verserait si vous ne pouviez plus travailler | Complétée par l’AI, elle laisse souvent un écart avec le salaire |
| Rente de conjoint et d’orphelin | 13 300 et 4 400 par an | En cas de décès : 60 % et 20 % de la rente d’invalidité | Réservée au conjoint marié ou au partenaire annoncé, selon le règlement |
| Capital décès | Selon le règlement | Un capital parfois versé en plus, ou à défaut de rente | À vérifier : beaucoup de caisses n’en versent que dans certains cas |
| Rachat possible | 60 000 | Le montant que vous pouvez encore verser pour combler une lacune | Déductible des impôts, mais bloqué trois ans pour un retrait en capital |
| Versement anticipé pour le logement | 0 | Ce que vous avez déjà retiré ou mis en gage pour votre logement | Tant qu’il n’est pas remboursé, aucun rachat volontaire n’est possible |
Les trois chiffres à regarder en premier
Le salaire assuré. C’est lui qui fait tout le reste. S’il est très inférieur à votre salaire, c’est souvent le temps partiel ou un plan au minimum légal : la déduction de coordination, fixe, pèse lourd sur un petit salaire (voir 2e pilier (LPP)).
La rente projetée, rapportée à votre revenu. Additionnez-la à votre future rente AVS (voir rente AVS). Dans l’exemple, 1 820 francs de caisse et environ 2 360 francs d’AVS font près de 4 180 francs par mois, un peu plus de 60 % du salaire. Si votre total tombe nettement en dessous, il manquera une part de votre niveau de vie à la retraite.
Le rachat possible. Un montant élevé signale une lacune : des années sans caisse, un salaire qui a beaucoup augmenté, un plan peu généreux. C’est aussi une déduction fiscale disponible. Racheter ne se décide pas seul : il faut le comparer au 3a et au temps qui reste avant la retraite (voir rachat LPP).
Trois vérifications que presque personne ne fait
- Vos données de base. Date de naissance, date d’entrée, taux d’occupation, salaire : une erreur se corrige facilement l’année même, beaucoup moins dix ans plus tard.
- Votre partenaire, si vous n’êtes pas marié. La caisse ne verse rien à un concubin si son règlement ne le prévoit pas, et souvent seulement s’il lui a été annoncé de votre vivant, par écrit. La loi le permet en général après cinq ans de vie commune ou avec un enfant commun (LPP, article 20a). Pour protéger davantage, il y a l’assurance décès ; toutes les démarches sont dans concubinage et prévoyance.
- Le taux de conversion utilisé. Beaucoup de caisses appliquent un taux plus bas que 6,8 % sur la partie surobligatoire, ou un taux unique sur tout l’avoir. Deux certificats avec le même avoir peuvent annoncer des rentes très différentes.
Ce que le certificat ne dit pas
Il ne parle que de votre caisse actuelle. Un ancien avoir resté sur un compte de libre passage, votre 3e pilier, votre rente AVS et vos assurances privées n’y figurent pas. Il ne dit pas non plus ce qui vous manquerait vraiment : ce calcul demande de tout additionner, situation par situation.
C’est précisément ce que fait un bilan de prévoyance : vous apportez ce certificat, votre dernière fiche de salaire ou déclaration d’impôts, et vos contrats, et nous chiffrons ce que vous toucheriez à la retraite, en cas d’invalidité et en cas de décès.
Ce qu’il faut retenir
- Le certificat arrive chaque année : la loi oblige la caisse à vous informer (LPP, article 86b).
- Six lignes suffisent : salaire assuré, avoir actuel, avoir projeté, rente projetée, invalidité et décès, rachat possible.
- La rente projetée n’est qu’une estimation : taux d’intérêt et salaire supposés, taux de conversion de votre caisse.
- Rente de caisse plus rente AVS, rapportées au salaire, disent s’il manquera quelque chose à la retraite.
- Un concubin n’est protégé que s’il a été annoncé à la caisse, et seulement si le règlement le prévoit.
- Tant qu’un versement pour le logement n’est pas remboursé, aucun rachat volontaire n’est possible (LPP, article 79b).
Règles vérifiées sur la LPP (articles 20a, 79b et 86b) en septembre 2026. L’exemple de certificat est fictif, calculé au minimum légal avec les montants 2026.