Médecines alternatives : ce qui est remboursé, et par qui
Acupuncture, homéopathie, ostéopathie, naturopathie : ce que paie l’assurance de base, ce qui relève de la complémentaire, et comment vérifier avant la séance.
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L’assurance de base rembourse cinq médecines complémentaires, acupuncture, homéopathie, phytothérapie, médecine anthroposophique et pharmacothérapie chinoise, mais seulement si elles sont pratiquées par un médecin formé. Chez un thérapeute non médecin, et pour l’ostéopathie ou la naturopathie, c’est la complémentaire qui paie, selon votre contrat et à condition que le thérapeute soit reconnu.
Que rembourse l’assurance de base ?
Cinq disciplines : l’acupuncture, la médecine anthroposophique, la pharmacothérapie de la médecine traditionnelle chinoise, l’homéopathie classique et la phytothérapie (article 4b OPAS). Elles sont remboursées à titre provisoire depuis 2012 et définitivement depuis 2017, rappelle l’OFSP.
La condition est stricte : le praticien doit être médecin et titulaire du titre postgrade de la discipline. Une séance d’acupuncture chez votre médecin généraliste formé à l’acupuncture est donc remboursée, avec franchise et quote-part comme n’importe quelle consultation. La même séance chez un acupuncteur qui n’est pas médecin ne l’est pas par la base.
Deux autres professionnels sont souvent rangés à tort parmi les médecines alternatives, alors que la base les rembourse : le chiropraticien, reconnu par la loi au même titre que le médecin (article 25 LAMal), et le physiothérapeute, sur prescription médicale, y compris pour des massages thérapeutiques (article 5 OPAS).
Discipline par discipline : qui rembourse ?
| Discipline | Assurance de base | Complémentaire |
|---|---|---|
| Acupuncture | Oui, par un médecin titulaire du titre postgrade | Par un thérapeute non médecin reconnu, selon le contrat |
| Homéopathie classique | Oui, par un médecin titulaire du titre postgrade | Par un thérapeute non médecin reconnu, selon le contrat |
| Phytothérapie | Oui, par un médecin titulaire du titre postgrade | Par un thérapeute non médecin reconnu, selon le contrat |
| Médecine anthroposophique | Oui, par un médecin titulaire du titre postgrade | Par un thérapeute non médecin reconnu, selon le contrat |
| Médecine chinoise (pharmacothérapie) | Oui, par un médecin titulaire du titre postgrade | Les autres méthodes chinoises (tuina, par exemple), selon le contrat |
| Chiropratique | Oui, le chiropraticien est un prestataire de la base | Seulement au-delà de ce que paie la base |
| Physiothérapie et massage thérapeutique | Oui, par un physiothérapeute, sur prescription médicale | Le massage par un masseur non physiothérapeute, selon le contrat |
| Ostéopathie | Non | Selon le contrat, si l’ostéopathe est reconnu, dans un plafond |
| Naturopathie, réflexologie, shiatsu, kinésiologie | Non | Selon la liste des méthodes du contrat et la reconnaissance du thérapeute |
| Psychothérapie | Oui, par un psychologue-psychothérapeute sur prescription médicale | Au-delà du cadre de la base, selon le contrat |
Pour la psychothérapie et la physiothérapie, les règles de la base sont détaillées dans notre guide ce que rembourse la LAMal. La psychothérapie a son propre guide : psychologue remboursé par la LAMal.
Et la complémentaire ?
Les prestations des thérapeutes non médecins relèvent des assurances complémentaires, et non de l’assurance de base, écrit l’OFSP. Chaque contrat fixe alors ses propres règles : les méthodes acceptées, la part remboursée et un plafond par séance ou par année.
La plupart des caisses exigent aussi que le thérapeute soit reconnu. Deux registres privés servent de référence : l’ASCA et le RME. Tous les assureurs ne travaillent pas avec les deux, et certains tiennent leur propre liste. L’ASCA le dit elle-même : la reconnaissance d’un thérapeute ne garantit pas automatiquement le remboursement.
Pour l’ostéopathie, la formation est réglée par la loi depuis 2020 : pour exercer sous sa propre responsabilité, un ostéopathe doit être titulaire d’un master HES en ostéopathie ou d’un titre étranger reconnu (loi sur les professions de la santé). Il existe aussi des diplômes fédéraux de naturopathe et de thérapeute complémentaire, délivrés après un examen professionnel supérieur.
Comment vérifier avant la première séance ?
- Demandez au praticien s’il est médecin. Si oui, et qu’il a le titre postgrade de sa discipline, l’assurance de base intervient.
- Sinon, demandez-lui par quel registre il est reconnu (ASCA, RME ou liste d’un assureur) et pour quelle méthode précise.
- Appelez votre caisse avant de commencer. Demandez si cette méthode et ce thérapeute sont couverts par votre contrat, à quel pourcentage, et quel plafond il vous reste pour l’année.
- Gardez chaque facture et envoyez-la à votre caisse. Sans reconnaissance valable le jour de la séance, le remboursement peut être refusé.
Quelle complémentaire choisir pour les médecines alternatives ?
Faites le calcul à partir de votre usage réel. Par exemple, six séances d’ostéopathie à CHF 120 font CHF 720 par an : une couverture à 75 % vous rembourse CHF 540, si le plafond annuel le permet. Comparez ce montant à la prime supplémentaire de l’option. Pour l’ostéopathie en détail, voyez notre guide ostéopathe remboursé.
Regardez ensuite trois points dans le contrat : la liste des méthodes, le plafond par séance et par année, et les registres acceptés pour les thérapeutes. Notre guide complémentaire santé : quelles prestations choisir aide à trier les options, et LAMal ou LCA explique pourquoi les deux assurances fonctionnent si différemment.
Ce qu’il faut retenir
La vraie question n’est pas la discipline, c’est le praticien. Médecin avec le bon titre : l’assurance de base paie. Thérapeute non médecin : seule la complémentaire peut payer, et encore faut-il que votre contrat accepte sa méthode et son registre.
Posez les deux questions avant la première séance, au praticien puis à votre caisse. C’est ce qui évite la facture que personne ne rembourse.