Thérapie de couple : prix et remboursement en Suisse
De 140 à 270 francs la séance, des centres à tarif selon le revenu, une assurance de base qui ne paie que pour une maladie : ce que coûte une thérapie de couple, et ce que rembourse une complémentaire.
Publié le
En Suisse romande, une séance de thérapie de couple coûte en général de 140 à 190 francs l’heure en cabinet, et jusqu’à 270 francs pour une séance de 90 minutes. Les centres de consultation de couple soutenus par les cantons appliquent un tarif selon le revenu, souvent de 20 à 200 francs. L’assurance de base ne paie une thérapie de couple que si elle sert à traiter la maladie psychique de l’un des partenaires, chez un psychiatre ou un psychologue admis sur prescription. Pour des difficultés de couple, une crise ou une communication qui ne passe plus, c’est une complémentaire qui peut participer, selon le contrat.
Ce guide donne les prix, la règle exacte de l’assurance de base, ce que rembourse une complémentaire, les centres à tarif réduit canton par canton, et comment choisir à qui s’adresser. Les règles citées viennent de l’ordonnance sur les prestations de l’assurance des soins (OPAS, articles 2 et 11b), consultée en octobre 2026.
Combien coûte une thérapie de couple ?
Le prix dépend de la durée de la séance, souvent plus longue qu’une séance individuelle, et du statut du thérapeute. Les séances ont lieu en général toutes les deux à trois semaines, pendant quelques mois.
| Où | Durée | Prix indicatif |
|---|---|---|
| Thérapeute de couple en cabinet, à Lausanne | Une heure | De 140 à 190 francs |
| Psychologue en cabinet, séance de couple | Une heure | Environ 190 francs |
| Thérapeute de couple en cabinet, à Genève | 90 minutes | De 220 à 270 francs |
| Psychologue-psychothérapeute admis, au tarif de l’assurance de base | Une heure | 154,80 francs, à 2,58 francs la minute dans les cantons de Vaud et de Genève |
| Centre de consultation de couple, canton de Vaud | Une heure environ | De 20 à 160 francs, selon le revenu |
| Centre de consultation de couple, à Genève | Une heure | De 30 à 200 francs, selon le revenu |
Comptez la thérapie entière, pas la séance : dix séances d’une heure à 180 francs font 1 800 francs. Demandez aussi les conditions d’annulation : beaucoup de cabinets facturent la séance entière si elle est annulée moins de 24 heures avant.
L’assurance de base paie-t-elle ?
Rarement, et jamais pour le couple en tant que tel. L’assurance de base paie la psychothérapie d’une maladie psychique, et l’ordonnance prévoit qu’elle peut prendre la forme d’une thérapie individuelle, familiale, de couple ou de groupe (OPAS, article 2). La thérapie de couple est donc payée quand elle fait partie du traitement d’un partenaire malade, par exemple d’une dépression, d’un trouble anxieux ou d’une addiction. Trois conditions :
- Une maladie psychique diagnostiquée chez au moins l’un des deux partenaires, qui est le patient.
- Un thérapeute admis : un psychiatre, ou un psychologue-psychothérapeute admis, sur prescription d’un médecin de famille, d’un pédiatre ou d’un psychiatre.
- Le cadre de la prescription : chez un psychologue, 15 séances par prescription, et un rapport au médecin-conseil de l’assureur après 30 ; chez un psychiatre, un rapport après 40.
Les séances sont alors facturées à l’assurance du patient, avec sa franchise et sa quote-part de 10 %. Des difficultés de couple sans maladie, une crise après une infidélité ou un projet de séparation ne sont pas une maladie : l’assurance de base ne paie pas, quel que soit le thérapeute. Le détail des règles est dans notre guide psychologue remboursé par la LAMal.
| Situation | Assurance de base | Complémentaire |
|---|---|---|
| Crise de couple, difficultés de communication | Non | Parfois, chez un thérapeute reconnu |
| Thérapie de couple dans le traitement de la dépression d’un partenaire | Oui, sur l’assurance du patient, dans le cadre de sa prescription | Rarement utile |
| Thérapie familiale pour les troubles d’un enfant | Oui, chez un pédopsychiatre ou sur prescription | Rarement utile |
| Conseil conjugal dans un centre de consultation | Non | Rarement ; le tarif selon le revenu le rend souvent abordable |
| Médiation en vue d’une séparation | Non | Non, en général |
| Difficultés sexuelles dans le couple, voir sexologue | Seulement chez un médecin ou un psychothérapeute admis, pour une maladie | Parfois, chez un sexologue reconnu |
Ce que rembourse une complémentaire
Une complémentaire peut participer à une thérapie de couple que la base ne paie pas, souvent dans sa rubrique de psychothérapie non admise par la base, parfois dans celle des médecines complémentaires. Quatre points décident du remboursement :
- Le thérapeute : la complémentaire exige en général un psychologue diplômé, ou un thérapeute inscrit dans un registre qu’elle reconnaît. Un coach ou un conseiller sans titre reconnu n’est souvent pas accepté.
- Le montant : un pourcentage de la facture, ou un montant fixe par séance, avec un nombre de séances ou un plafond par année.
- Le nom sur la facture : la séance est en général facturée à une seule personne, et c’est sa complémentaire qui rembourse. Si vous êtes tous deux assurés, demandez au thérapeute et à vos assureurs si les séances peuvent être réparties.
- Le plafond partagé : la rubrique peut être commune avec l’ostéopathie, les massages ou les autres thérapies de l’année.
Un exemple, sur un contrat fictif qui rembourse 75 % des séances jusqu’à 1 000 francs par année civile : dix séances à 180 francs, soit 1 800 francs. La complémentaire devrait 1 350 francs, elle paie son plafond, 1 000 francs. Il vous reste 800 francs. Répartie sur deux années civiles, la même thérapie ouvre deux plafonds, et la complémentaire paie 1 350 francs.
Les centres de consultation à tarif réduit
Chaque canton romand soutient des consultations de couple, souvent appelées conseil conjugal, avec un tarif adapté au revenu. Les conseillers y reçoivent les couples ou une seule personne, pour des difficultés relationnelles, affectives, sexuelles ou parentales.
- Vaud : un programme cantonal confié à la Fondation PROFA et au Centre social protestant, dans onze lieux du canton, avec un tarif de 20 à 160 francs selon le revenu. Une ligne d’information couple, gratuite et anonyme, répond au 0840 860 860.
- Genève : l’association Couple et Famille et l’Office protestant de consultations conjugales et familiales, de 30 à 200 francs l’heure selon le revenu.
- Fribourg : l’Office familial, à Fribourg et à Bulle, avec un tarif fixé au premier entretien selon le revenu.
- Neuchâtel : le Centre social protestant propose une consultation de couple.
- Valais : les centres SIPE, mandatés par le canton pour la santé sexuelle et le conseil de couple.
Ces consultations ne sont pas remboursées par l’assurance de base, mais leur tarif les rend souvent moins chères qu’une séance en cabinet remboursée en partie.
Conseiller conjugal, psychologue, sexologue, médiateur : qui consulter ?
| Professionnel | Pour quoi | Assurance de base |
|---|---|---|
| Conseiller conjugal | Crise, communication, décision de rester ensemble ou non | Non |
| Psychologue ou thérapeute de couple | Thérapie du couple, souvent systémique, sur plusieurs mois | Seulement s’il est psychothérapeute admis, sur prescription, pour une maladie |
| Psychiatre | Maladie psychique d’un partenaire, avec des séances de couple | Oui |
| Sexologue | Difficultés sexuelles | Seulement s’il est médecin ou psychothérapeute admis, pour une maladie |
| Médiateur familial | Organiser une séparation, la garde des enfants | Non |
Comment choisir un thérapeute de couple
- Sa formation : une formation en thérapie de couple ou en thérapie systémique, en plus du titre de psychologue ou de psychothérapeute.
- Son statut : un psychothérapeute admis peut facturer à l’assurance de base si un partenaire est malade ; le registre fédéral des professions de la psychologie permet de vérifier son titre.
- Le prix et la durée : une séance d’une heure ou de 90 minutes, le prix, et les conditions d’annulation.
- Votre complémentaire : demandez-lui par écrit, avant la première séance, si ce thérapeute est accepté, et combien elle rembourse.
- Le premier entretien : il sert à voir si le courant passe avec vous deux. Changer de thérapeute après une ou deux séances est courant.
Questions fréquentes
La thérapie de couple est-elle remboursée par la LAMal ?
Seulement si elle fait partie du traitement de la maladie psychique de l’un des partenaires, chez un psychiatre ou un psychologue admis sur prescription. Pour des difficultés de couple sans maladie, non.
Est-elle remboursée par l’assurance complémentaire ?
Souvent en partie, si le thérapeute est reconnu par votre assureur, avec un pourcentage ou un montant par séance et un plafond annuel. Vérifiez la rubrique de votre contrat avant de commencer.
Combien de séances faut-il ?
Il n’y a pas de nombre fixe. Beaucoup de thérapies de couple durent quelques mois, avec une séance toutes les deux ou trois semaines. Le thérapeute fait en général le point après quelques séances.
Faut-il venir à deux ?
Non. Vous pouvez commencer seul, notamment dans les centres de consultation, qui reçoivent aussi une seule personne. Le travail est souvent plus efficace à deux, quand c’est possible.
Et en cas de séparation ?
Une médiation familiale aide à organiser la séparation et la garde des enfants. Elle n’est pas payée par l’assurance maladie ; certains cantons la subventionnent, et une protection juridique peut aider pour la procédure qui suit.
Ce qu’il faut retenir
- Une séance de thérapie de couple coûte de 140 à 190 francs l’heure en cabinet, jusqu’à 270 francs pour 90 minutes ; les centres de consultation appliquent un tarif selon le revenu.
- L’assurance de base ne paie que si la thérapie traite la maladie psychique d’un partenaire, chez un thérapeute admis, sur prescription.
- Une complémentaire peut rembourser une thérapie de couple, si le thérapeute est reconnu, avec un plafond annuel.
- La facture est souvent au nom d’une seule personne : c’est sa complémentaire qui compte.
- Une complémentaire se conclut avant d’en avoir besoin : une thérapie récente se déclare.
Notre page psychothérapie résume ce que la base paie et ce qu’une complémentaire ajoute, et vous permet de comparer les contrats qui couvrent la thérapie de couple.