Soins à l’étranger : ce que paie votre assurance maladie
Carte européenne, urgences jusqu’au double du tarif suisse, hôpital à 90 %, rapatriement : ce que paie la LAMal en voyage, et ce qu’il faut prévoir en plus.
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En vacances, votre assurance de base vous soigne, mais pas partout de la même façon. En Europe, la carte européenne d’assurance maladie, au dos de votre carte d’assuré, vous donne droit aux soins nécessaires selon les règles du pays. Ailleurs, la caisse paie seulement les urgences, jusqu’au double du tarif suisse. Et nulle part elle ne paie le rapatriement.
Que paie l’assurance de base en Europe ?
Dans l’Union européenne, l’AELE et au Royaume-Uni, présentez la carte européenne d’assurance maladie, imprimée au dos de votre carte d’assuré suisse. Elle vous donne droit aux soins médicalement nécessaires pendant votre séjour, en cas de maladie, d’accident ou de maternité, rappelle l’OFSP.
La règle à retenir : vous êtes soigné comme un assuré du pays, avec ses tarifs et sa participation aux coûts. Un médecin ou une clinique qui ne travaille pas avec le système public local peut refuser la carte ; vous payez alors vous-même et demandez le remboursement ensuite, sans garantie qu’il soit complet.
Et hors d’Europe ?
Ailleurs dans le monde, l’assurance de base ne paie que les urgences : une maladie ou un accident qui ne permet pas, pour des raisons médicales, d’attendre le retour en Suisse. Elle les rembourse jusqu’au double de ce que le traitement aurait coûté en Suisse (article 36 OAMal).
À l’hôpital, le plafond est plus bas : 90 % au plus de ce qu’aurait coûté le séjour en Suisse, précise l’OFSP. En Suisse, la caisse ne paie qu’une partie de la facture hospitalière, le canton de résidence réglant le reste (article 49a LAMal). À l’étranger, cette part du canton n’existe pas.
Dans les pays où les soins coûtent cher, le reste de la facture peut dépasser de loin ce que la caisse rembourse. L’OFSP recommande donc une assurance voyage, en citant les États-Unis, le Canada et le Japon.
| Situation | Assurance de base | À prévoir en plus |
|---|---|---|
| Vacances dans l’UE, l’AELE ou au Royaume-Uni | Soins nécessaires aux conditions du pays, avec la carte européenne | La participation locale ; le rapatriement |
| Urgence hors d’Europe, en ambulatoire | Jusqu’au double du coût en Suisse | Le solde de la facture, souvent élevé |
| Hospitalisation d’urgence hors d’Europe | Jusqu’à 90 % du coût en Suisse | Le solde de la facture et le rapatriement |
| Traitement planifié à l’étranger | Seulement avec l’accord préalable du médecin-conseil de la caisse | Toute la facture sans cet accord |
| Accouchement planifié à l’étranger | Seulement dans des cas précis, liés à la nationalité de l’enfant (article 36 OAMal) | Toute la facture dans les autres cas |
| Rapatriement en Suisse | Non | Une assurance voyage ou une complémentaire avec assistance |
Qu’est-ce qui n’est jamais payé par la base ?
Le rapatriement, d’abord. La contribution de l’assurance de base aux frais de sauvetage ne vaut qu’en Suisse (article 27 OPAS) : un retour en avion sanitaire ou un vol accompagné d’un médecin reste à votre charge sans autre assurance.
Ensuite, les soins pour lesquels vous partez exprès. Si vous vous rendez à l’étranger dans le but d’y être soigné, il n’y a pas d’urgence au sens de la loi (article 36 OAMal). Un traitement planifié hors de Suisse n’est remboursé qu’avec l’accord préalable de votre caisse, sur demande de votre médecin, quand il ne peut pas être fait en Suisse.
Assurance voyage ou complémentaire : que prévoir ?
Deux produits comblent le trou. Beaucoup de complémentaires santé incluent déjà une assistance à l’étranger et une part des frais de guérison au-delà de la base : relisez la vôtre avant d’acheter autre chose. Une assurance voyage, elle, couvre aussi l’annulation du voyage, ce que fait rarement une complémentaire.
Notre page assurance voyage détaille ce qu’elle paie et ce qui se compare entre deux contrats. Pour les couvertures santé au sens large, voyez la page assurance complémentaire.
Comment se faire rembourser ?
- Avant de partir, vérifiez que votre carte d’assuré n’est pas échue, et notez le numéro d’assistance de votre complémentaire ou de votre assurance voyage.
- Sur place, en cas d’urgence, appelez d’abord ce numéro si vous le pouvez : l’assistance oriente vers un hôpital et peut garantir les frais.
- Gardez toutes les factures détaillées et les rapports médicaux, avec les dates et les diagnostics.
- De retour, envoyez-les à votre caisse maladie. Elle rembourse sa part selon les règles ci-dessus ; la complémentaire ou l’assurance voyage paie ensuite le reste, selon son contrat.
Et pour un long séjour ?
Un tour du monde ne met pas fin à l’assurance de base : tant que votre domicile reste en Suisse, l’obligation de vous assurer demeure, rappelle l’OFSP. Vous ne pouvez pas résilier pour la durée du voyage. Les mêmes règles s’appliquent alors : soins aux conditions du pays en Europe, urgences seulement ailleurs. Si vous vous établissez à l’étranger, en revanche, l’assurance de base prend fin : voyez notre guide quitter la Suisse.
Ce qu’il faut retenir
En Europe, votre carte d’assuré suffit pour les soins courants, pas pour le rapatriement. Hors d’Europe, la base ne paie que les urgences, et une facture d’hôpital en Amérique du Nord peut dépasser de loin ce qu’elle rembourse.
Avant un voyage lointain, vérifiez deux choses : ce que couvre déjà votre complémentaire, et s’il vous manque les frais de guérison, le rapatriement ou l’annulation. Le guide ce que rembourse la LAMal complète ce tableau pour les soins en Suisse.