Prothèse dentaire et dentier : prix en Suisse et remboursement
Dentier, prothèse partielle, pont : ce qu’ils coûtent en Suisse, ce que paient l’assurance de base, une assurance dentaire et les prestations complémentaires, et comment payer moins.
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En Suisse, un dentier complet coûte de 2 000 à 3 500 francs par mâchoire, et de 3 500 à 7 000 francs pour les deux. Une prothèse partielle commence vers 800 francs, un pont de trois dents tourne entre 1 500 et 3 500 francs. L’assurance de base ne paie presque jamais : seulement après certaines maladies graves, une infirmité congénitale ou un accident. Une assurance dentaire complémentaire peut en rembourser une partie, dans son plafond, si elle a été conclue avant que la prothèse ne soit nécessaire.
Quelle prothèse, pour quel besoin ?
Le mot prothèse recouvre plusieurs solutions, aux prix très différents. Votre dentiste propose celle qui convient à votre bouche ; voici ce que chacune représente pour votre budget.
| Solution | Ce que c’est | Prix indicatif |
|---|---|---|
| Dentier complet | Prothèse amovible qui remplace toutes les dents d’une mâchoire | De 2 000 à 3 500 francs par mâchoire |
| Prothèse partielle | Prothèse amovible qui remplace quelques dents, en résine ou sur un châssis métallique | Dès 800 francs en résine, davantage avec un châssis métallique |
| Pont (bridge) | Prothèse fixe collée sur les dents voisines, qu’il faut tailler | De 1 500 à 3 500 francs pour trois éléments |
| Prothèse sur implants | Prothèse fixée ou clipsée sur des implants posés dans l’os | Plusieurs milliers de francs, implants compris |
Le devis comprend en général les empreintes, les essayages, la pose et quelques séances de retouches. Les frais du laboratoire, qui fabrique la prothèse, s’ajoutent aux honoraires du dentiste : demandez qu’ils figurent séparément.
Que paie l’assurance de base ?
Presque rien. L’assurance de base ne paie les soins dentaires, prothèses comprises, que dans les cas listés par la loi (article 31 LAMal, articles 17 à 19a OPAS) : une maladie grave du système de la mastication, comme une tumeur des maxillaires, une autre maladie grave qui atteint les dents, ou des soins rendus nécessaires par un traitement médical. Une dent perdue par l’usure, une carie ou le déchaussement lié à l’âge n’en fait pas partie.
Après une infirmité congénitale, comme une fente labio-palatine ou l’absence de plusieurs dents depuis la naissance, l’assurance invalidité paie jusqu’à 20 ans, puis l’assurance de base prend le relais. Après un accident, c’est l’assurance accidents qui paie, ou l’assurance de base si aucune autre ne le fait. Le détail des cas est dans notre guide dentiste et LAMal.
Ce que peut payer une assurance dentaire
Une assurance dentaire complémentaire rembourse en général un pourcentage des factures, jusqu’à un plafond annuel. Pour une prothèse, trois points de votre contrat décident de tout :
- Les prothèses figurent-elles dans les soins couverts ? Certaines formules ne couvrent que les contrôles, l’hygiène et les soins courants.
- Le plafond annuel. C’est lui qui limite le remboursement, bien plus que le taux. Un dentier complet le dépasse souvent en une seule fois.
- Les dents qui manquaient déjà. Une dent absente ou condamnée au moment de la signature est en général exclue. L’assurance couvre le remplacement des dents perdues ensuite, pas de celles qui manquent déjà.
Un exemple, sur un contrat fictif : un dentier pour les deux mâchoires à 5 000 francs, et une assurance qui rembourse 75 % jusqu’à 1 000 francs par an. Elle paie 1 000 francs, et 4 000 francs restent pour vous. Si le traitement peut s’étaler, faire une partie des travaux sur deux années civiles permet d’utiliser deux plafonds : demandez à votre dentiste si c’est possible.
Le délai d’attente compte aussi. Beaucoup de contrats ne remboursent les gros travaux qu’après plusieurs mois. Et l’âge d’entrée maximal de certaines formules dentaires ferme la porte aux personnes âgées. Pour une prothèse qu’on voit venir, il faut donc s’assurer tôt, pas au moment du devis.
Les prestations complémentaires AVS et AI
Si vous touchez des prestations complémentaires, votre canton peut rembourser les frais dentaires qui restent à votre charge (article 14 LPC). La règle est stricte : seul le traitement simple, économique et adéquat est pris en charge. En pratique, c’est en général la prothèse amovible, souvent partielle sur châssis métallique, et non les couronnes, les ponts ou les implants, que la jurisprudence genevoise et les règles valaisannes, par exemple, n’admettent pas.
Au-delà d’un certain montant, fixé par chaque canton, un devis doit être envoyé à l’organe des prestations complémentaires avant le début du traitement. En Valais, ce seuil est de 1 000 francs, frais de laboratoire compris. Demandez au dentiste d’établir le devis selon le tarif des assurances sociales, et attendez la réponse avant de commencer.
Comment payer moins
- Demandez un devis écrit et détaillé, avec la valeur du point, les frais de laboratoire et le nombre de séances de retouches.
- Comparez deux devis pour les gros travaux : la valeur du point et le prix du laboratoire varient d’un cabinet à l’autre.
- Demandez les alternatives : prothèse amovible ou pont, résine ou châssis métallique, implants ou non.
- Étalez les travaux sur deux années civiles si votre assurance dentaire a un plafond annuel.
- Déduisez les frais non remboursés de vos impôts : au niveau fédéral, les frais de maladie se déduisent pour la part qui dépasse 5 % du revenu net, et les cantons ont leurs propres règles.
Questions fréquentes
La LAMal rembourse-t-elle un dentier ?
Non, sauf si la perte des dents est due à une maladie grave listée par la loi, à une infirmité congénitale ou à un accident. Un dentier lié à l’âge ou aux caries reste à votre charge, ou à celle de votre assurance dentaire.
Puis-je m’assurer quand on m’a annoncé une prothèse ?
Vous pouvez faire la demande, mais la prothèse déjà nécessaire sera en général exclue, et l’assureur peut demander un rapport de votre dentiste. L’assurance protège contre les soins futurs, pas contre ceux qu’on connaît déjà.
Ma prothèse s’est cassée. Qui paie la réparation ?
Si elle s’est cassée lors d’un accident, une chute par exemple, l’assurance accidents ou l’assurance de base peut payer. Sinon, la réparation et le rebasage sont des soins ordinaires : votre assurance dentaire peut participer, selon le contrat. Notez la date et les circonstances.
Une prothèse sur implants est-elle remboursée ?
Rarement en entier. L’assurance de base ne paie les implants que dans les cas listés, et une assurance dentaire les rembourse dans les limites de son plafond annuel. Les prestations complémentaires ne les admettent en général pas.
Ce qu’il faut retenir
Une prothèse dentaire coûte de quelques centaines de francs pour une prothèse partielle à plusieurs milliers pour un dentier complet ou un pont. L’assurance de base n’intervient que dans des cas rares ; une assurance dentaire amortit la facture, dans son plafond, à condition d’avoir été conclue avant que la prothèse ne soit nécessaire.
Si vous voyez venir des travaux, c’est maintenant qu’il faut comparer, pas au moment du devis. Notre page assurance dentaire résume ce que couvrent les contrats et les pièges à éviter.