Maximum du 3e pilier : le plafond 3a de 2000 à 2027
7 258 francs en 2026, 5 789 en 2000 : d’où vient le plafond du pilier 3a, pourquoi il bouge tous les deux ans, et ce qu’il faut attendre pour 2027.
Parler à un conseillerPublié le
Le maximum déductible du pilier 3a est de 7 258 francs en 2026 pour une personne affiliée à une caisse de pension, et de 36 288 francs pour une personne qui n’en a pas, dans la limite de 20 % de son revenu. Il n’a pas changé depuis 2025. Il valait 5 789 francs en 2000. Le montant de 2027 dépend d’une décision du Conseil fédéral sur les rentes AVS, qui n’était pas prise au moment d’écrire ces lignes.
Le maximum 3a, année par année
Les chiffres ci-dessous sont ceux publiés par l’Office fédéral des assurances sociales dans ses chiffres repères de la prévoyance professionnelle, qui remontent à 1985. La « petite cotisation » vaut pour les salariés et les indépendants affiliés à une caisse de pension ; la « grande cotisation » pour ceux qui ne le sont pas, et elle reste plafonnée à 20 % du revenu d’activité.
| Années | Avec caisse de pension | Sans caisse de pension | Rente AVS maximale |
|---|---|---|---|
| 2000 | 5 789 | 28 944 | 2 010 |
| 2001 – 2002 | 5 933 | 29 664 | 2 060 |
| 2003 – 2004 | 6 077 | 30 384 | 2 110 |
| 2005 – 2006 | 6 192 | 30 960 | 2 150 |
| 2007 – 2008 | 6 365 | 31 824 | 2 210 |
| 2009 – 2010 | 6 566 | 32 832 | 2 280 |
| 2011 – 2012 | 6 682 | 33 408 | 2 320 |
| 2013 – 2014 | 6 739 | 33 696 | 2 340 |
| 2015 – 2018 | 6 768 | 33 840 | 2 350 |
| 2019 – 2020 | 6 826 | 34 128 | 2 370 |
| 2021 – 2022 | 6 883 | 34 416 | 2 390 |
| 2023 – 2024 | 7 056 | 35 280 | 2 450 |
| 2025 – 2026 | 7 258 | 36 288 | 2 520 |
| 2027 | à fixer | à fixer | à fixer |
Un quart de hausse en un quart de siècle, par paliers de deux ans. Deux périodes sortent du lot : 2015 à 2018, quatre années sans changement, et 2023 puis 2025, deux hausses rapprochées et plus fortes que d’habitude. Les deux s’expliquent par la même mécanique.
D’où vient le chiffre ?
Personne ne décide du plafond 3a en tant que tel. Il est calculé. L’ordonnance sur la prévoyance liée (OPP 3, art. 7) le fixe à 8 % du « montant-limite supérieur » de la LPP pour les personnes affiliées à une caisse de pension, et à 20 % du revenu, mais au plus 40 % de ce même montant-limite, pour les autres. Le montant-limite supérieur, lui, est défini par la loi sur la prévoyance professionnelle (LPP, art. 8) : trois fois la rente annuelle maximale de l’AVS.
Tout part donc de la rente AVS. Pour 2026, la rente mensuelle maximale est de 2 520 francs, soit 30 240 francs par an. Trois fois ce montant donne 90 720 francs de montant-limite supérieur. Huit pour cent de 90 720, c’est 7 257,60 francs, arrondis à 7 258. Et 40 %, c’est 36 288. Le calcul tient sur un coin de table.
- Rente AVS mensuelle maximale × 12 = rente annuelle maximale.
- Rente annuelle maximale × 3 = montant-limite supérieur LPP.
- Montant-limite × 8 % = plafond 3a avec caisse de pension.
- Montant-limite × 40 % = plafond 3a sans caisse de pension, dans la limite de 20 % du revenu.
La grande cotisation vaut toujours exactement cinq fois la petite. Ce n’est pas un hasard : 40 % divisé par 8 %.
Pourquoi le plafond change-t-il tous les deux ans ?
Parce que la rente AVS change tous les deux ans, ou presque. La loi sur l’AVS (LAVS, art. 33ter) charge le Conseil fédéral d’adapter les rentes, en règle générale tous les deux ans, à l’évolution des salaires et des prix. L’outil s’appelle l’indice mixte : la moyenne entre l’indice des salaires et l’indice des prix. Quand cet indice monte, la rente monte, et le plafond 3a suit, arrondi au franc.
La loi ajoute une soupape : si le renchérissement dépasse 4 % en une année, l’adaptation peut venir plus tôt. Et à l’inverse, si l’indice n’a pas bougé, le Conseil fédéral peut ne rien adapter. C’est ce qui s’est passé pour 2017 : aucune hausse, et le plafond de 6 768 francs a tenu quatre ans, de 2015 à 2018. Les années de prix stables ou en baisse produisent des plafonds qui n’avancent pas.
Les hausses de 2023 et de 2025 sont l’image inverse. Le renchérissement de 2022 et 2023 a fait monter l’indice mixte plus vite que d’habitude : la rente maximale est passée de 2 390 à 2 450 francs en 2023, puis à 2 520 francs en 2025, une hausse de 2,9 %. Le plafond 3a a fait le même chemin, de 6 883 à 7 056, puis à 7 258 francs.
Et pour 2027 ?
Le rythme habituel désigne le 1ᵉʳ janvier 2027 comme prochaine date d’adaptation possible, deux ans après celle de 2025. La décision revient au Conseil fédéral, sur recommandation de la Commission fédérale AVS/AI, et elle tombe en général à la fin de l’été ou à l’automne de l’année précédente : celle pour 2025 avait été annoncée le 28 août 2024. Au moment d’écrire ces lignes, en septembre 2026, elle n’a pas été rendue publique. Le calcul de la rente elle-même est expliqué dans rente AVS.
Trois scénarios sont possibles, et le calcul ci-dessus permet de traduire chacun en francs le jour où le chiffre sortira. Si les rentes ne bougent pas, le plafond reste à 7 258 francs, comme en 2017. Si la rente maximale monte, le plafond monte dans la même proportion : à titre d’exemple de calcul, et non de prévision, une rente mensuelle maximale portée à 2 550 francs donnerait un montant-limite de 91 800 francs et un plafond 3a de 7 344 francs. Une rente à 2 580 francs donnerait 7 430 francs.
Dans tous les cas, le plafond 2027 s’appliquera aux versements faits en 2027. Ce que vous versez d’ici au 31 décembre 2026 relève du plafond 2026, quelle que soit la décision.
Comment utiliser le maximum sans se tromper
Le plafond est annuel et personnel. Il se remplit en une fois ou par mensualités, sur un ou plusieurs comptes, sur des comptes bancaires ou des polices d’assurance, et c’est le total qui compte. Le versement doit être crédité chez la fondation au plus tard le 31 décembre : un ordre passé le 30 décembre qui arrive le 2 janvier compte pour l’année suivante. Les banques ferment souvent leurs délais quelques jours avant, et le disent.
- Deux conjoints qui travaillent ont chacun leur plafond (OPP 3, art. 7, al. 2). Le ménage peut déduire deux fois 7 258 francs en 2026.
- Une année de revenu partiel ne réduit pas le plafond de la petite cotisation : quelqu’un qui a travaillé trois mois avec une caisse de pension peut verser 7 258 francs, à condition d’avoir eu un revenu soumis à l’AVS.
- Sans caisse de pension, le plafond est le plus bas des deux : 20 % du revenu net d’activité, ou 36 288 francs. Un indépendant qui gagne 80 000 francs peut verser 16 000 francs, pas 36 288.
- Un versement au-delà du maximum n’est pas déductible, et la fondation doit le refuser ou le rembourser. Vérifiez le total avant le dernier versement de l’année, surtout avec plusieurs comptes.
- Après l’âge de référence, les versements restent possibles jusqu’à cinq ans de plus pour qui travaille encore (OPP 3, art. 7, al. 3).
Peut-on rattraper les années où l’on n’a pas atteint le maximum ?
Oui, depuis 2025, mais seulement pour les lacunes nées à partir de cette année-là. L’article 7a de l’OPP 3 permet de verser, en plus de la cotisation ordinaire, un rachat couvrant les années des dix dernières où le maximum n’a pas été atteint. Trois conditions : avoir eu le droit de cotiser ces années-là, verser d’abord le maximum ordinaire de l’année du rachat, et ne pas dépasser, pour le rachat lui-même, un plafond ordinaire par année.
Concrètement, une lacune de 2025 se rattrape pour la première fois en 2026, en versant 7 258 francs de cotisation ordinaire plus le manque de 2025. Les années 2000 à 2024, elles, sont closes : ce qui n’a pas été versé alors ne se rattrapera jamais. C’est l’un des arguments pour remplir le plafond chaque année plutôt que « quand on pourra ». Les conditions, les plafonds et les pièges du rachat sont détaillés dans rachat 3a rétroactif.
Le maximum 3a vaut-il toujours la peine ?
Presque toujours, tant que l’argent peut rester bloqué. La déduction se calcule à votre taux marginal, celui de votre dernier franc gagné ; l’impôt au retrait, lui, se calcule à part et à taux réduit, un cinquième du barème au niveau fédéral. Entre les deux, la différence est votre gain, année après année, et il grandit avec le revenu. Un ménage faiblement imposé y gagne moins, mais il y gagne encore. Nous avons chiffré cette économie, et l’impôt au retrait, ville par ville : combien d’impôts économise-t-on avec le 3a.
La question qui reste n’est pas le montant, c’est la forme : compte bancaire, fonds ou assurance, 3a seul ou complété par un 3b. Nous l’avons traitée dans 3e pilier a ou b, et la page 3e pilier résume ce que la banque et l’assurance apportent chacune. Si le plafond vous sert à financer un logement, le retrait et la mise en gage ont leurs règles, expliquées dans 3e pilier et achat immobilier.
Ce qu’il faut retenir
- 2026 : 7 258 francs avec une caisse de pension, 36 288 francs sans, dans la limite de 20 % du revenu. Inchangé depuis 2025.
- Le plafond n’est pas décidé, il est calculé : 8 % de trois fois la rente AVS annuelle maximale. Il suit la rente AVS, adaptée en règle générale tous les deux ans à l’indice mixte.
- De 5 789 francs en 2000 à 7 258 en 2026 : douze paliers, une pause de quatre ans entre 2015 et 2018, deux hausses rapprochées en 2023 et 2025.
- 2027 : prochaine adaptation possible, non fixée en septembre 2026. Le jour où la rente AVS 2027 est annoncée, multipliez-la par 36, puis par 8 %.
- Ce qui n’est pas versé une année est perdu, sauf pour les lacunes nées depuis 2025, rattrapables pendant dix ans.
Les montants ci-dessus sont ceux de l’OFAS et du droit fédéral en vigueur en septembre 2026. Le plafond 2027 sera publié par le Conseil fédéral avec l’adaptation des rentes AVS ; nous mettrons cette page à jour le jour même. D’ici là, le seul chiffre qui compte est celui du 31 décembre 2026 : 7 258 francs, à verser avant que la fondation ne ferme ses livres.