Leasing auto : quelle assurance faut-il ?
RC obligatoire, casco complète exigée, écart en cas de perte totale, assurance des mensualités : ce qu’il faut vraiment assurer quand on roule en leasing.
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Une voiture en leasing doit être couverte par une assurance responsabilité civile, imposée par la loi, et par une casco complète, exigée par presque tous les contrats de leasing pendant toute leur durée. Vous choisissez en général l’assureur. Deux points méritent une vraie attention : l’écart entre ce que la casco rembourse et ce que la société de leasing réclame après une perte totale, et l’assurance des mensualités, souvent vendue avec le contrat.
Si vous hésitez encore entre leasing et achat, notre guide Leasing ou crédit auto compare les deux financements. Celui-ci part du principe que le leasing est choisi, et dit comment l’assurer sans payer trop.
Ce qui est obligatoire, et qui l’impose
Deux obligations se superposent, et elles ne viennent pas du même endroit.
| Assurance | Obligatoire ? | Imposée par | Ce qu’elle paie |
|---|---|---|---|
| Responsabilité civile | Oui | La loi (LCR, art. 63) | Les dégâts causés aux autres, au moins 5 millions de francs par événement |
| Casco partielle | Oui, comprise dans la casco complète | Le contrat de leasing | Vol, incendie, grêle, animaux, bris de glace |
| Casco complète | Oui, en pratique | Le contrat de leasing | Les dommages à la voiture, même quand vous êtes en tort |
| Protection de l’écart (option leasing) | Non | Personne | La différence entre la valeur remboursée et ce que réclame la société de leasing |
| Assurance des mensualités | Non | Personne | Les mensualités en cas d’incapacité de travail ou de chômage, selon les conditions |
La RC relève de la loi sur la circulation routière : aucune voiture ne peut circuler sans elle, et le minimum est fixé à 5 millions de francs par l’ordonnance sur l’assurance des véhicules (art. 3). La casco complète, elle, n’est imposée par aucune loi. C’est la société de leasing qui l’exige, parce qu’elle reste propriétaire de la voiture et veut être remboursée si elle est détruite.
Choisir l’assureur soi-même : le premier levier
Le plus souvent, le contrat de leasing fixe les couvertures minimales et laisse le choix de l’assureur. Le concessionnaire proposera pourtant souvent sa propre assurance, présentée comme allant de soi, parfois intégrée à la mensualité. Rien ne vous oblige à l’accepter si le contrat vous laisse le choix.
Comparer votre assurance auto vaut la peine, surtout pour une voiture neuve assurée en casco complète pendant trois ou quatre ans. La prime dépend du conducteur, du canton, de la voiture et de la franchise, et deux assureurs ne pondèrent pas ces critères de la même façon. Vérifiez seulement que l’offre remplit les exigences du contrat de leasing : casco complète, montant de franchise maximal s’il y en a un, et parfois l’inscription de la société de leasing comme bénéficiaire.
Changer d’assureur pendant le leasing est possible, aux échéances prévues par votre police, ou à la fin de la troisième année pour un contrat plus long (loi sur le contrat d’assurance, art. 35a). Prévenez la société de leasing, qui doit recevoir la preuve de la nouvelle couverture, et n’envoyez pas votre résiliation avant l’acceptation écrite du nouvel assureur.
Perte totale : l’écart dont on parle peu
C’est le vrai risque d’une voiture en leasing, et on en parle rarement au moment de signer. Si la voiture est volée ou détruite, deux montants se font face.
- Ce que la casco verse. Beaucoup de contrats remboursent la valeur à neuf pendant les premières années, puis une valeur actuelle, parfois majorée. Au fil du temps, ce montant baisse avec la valeur de la voiture. Le calcul est détaillé dans Perte totale de la voiture.
- Ce que réclame la société de leasing. Le contrat prend fin, et elle calcule ce que vous lui devez selon le tableau de résiliation anticipée, que la loi l’oblige à joindre au contrat (LCC, art. 11, al. 2, let. g).
Quand le second montant dépasse le premier, la différence est pour vous, alors même que vous n’avez plus de voiture. Le risque est le plus élevé au milieu du contrat, quand la voiture a déjà perdu de sa valeur et que les mensualités restantes pèsent encore lourd.
Certains assureurs proposent une option qui couvre cet écart, sous des noms variés : protection leasing, couverture de la différence, valeur à neuf prolongée. Demandez-la en ces termes, et faites-vous confirmer par écrit qu’elle s’applique au calcul de votre société de leasing. Pour une voiture chère en leasing de quatre ans, c’est souvent l’option la plus utile du contrat.

Franchise, bonus et réparation : les règles du quotidien
- La franchise. Une franchise plus haute fait baisser la prime. Certains contrats de leasing plafonnent la franchise casco : vérifiez le montant maximal autorisé avant de la relever.
- Le bonus. Un sinistre en tort pèse sur votre prime comme pour une voiture achetée. Une option de protection du bonus peut valoir la peine sur une voiture neuve, où chaque réparation coûte cher.
- Le garage. Beaucoup de sociétés de leasing exigent que la voiture soit réparée dans un garage de la marque, avec des pièces d’origine. Assurez-vous que votre casco ne vous pousse pas vers un garage partenaire qui ne remplirait pas cette condition.
- L’annonce. Déclarez un sinistre important à votre assureur et à la société de leasing, dans les délais de chacun des deux contrats.
L’assurance des mensualités : utile ou superflue ?
Le concessionnaire ou la société de leasing propose souvent une assurance qui paie les mensualités si vous tombez malade, êtes victime d’un accident ou perdez votre emploi. Elle rassure. Regardez pourtant trois points avant de la prendre.
- Le délai d’attente avant le premier paiement, souvent de plusieurs semaines, et la durée maximale d’indemnisation.
- Les exclusions : maladies déjà connues, chômage pendant la période d’essai, statut d’indépendant.
- Ce que vous avez déjà. Un salarié a l’assurance accidents de son employeur et, souvent, une indemnité journalière maladie, qui remplacent une grande partie du salaire. Un indépendant, lui, n’a souvent rien d’office : une assurance perte de gain protège alors tout son revenu, au-delà de la voiture.
Pour un salarié en contrat fixe, bien couvert par son employeur, elle fait souvent double emploi. Pour un indépendant ou un emploi précaire, elle peut avoir un sens, à condition d’en lire les conditions.
À la fin du leasing : ne résiliez pas trop tôt
La casco doit courir jusqu’au jour où vous rendez la voiture. Un dégât entre la résiliation de l’assurance et la restitution serait à votre charge. Gardez le contrat actif jusqu’à la remise des clés, puis résiliez avec la preuve de restitution.
Si vous rachetez la voiture, la situation change : elle vous appartient, plus rien ne vous oblige à garder une casco complète. Pour une voiture de quatre ou cinq ans, une casco partielle suffit souvent. C’est le bon moment pour comparer à nouveau. Pour décider entre racheter et rendre, voyez Fin de leasing : racheter la voiture ou la rendre ?

À la restitution, les dommages qui dépassent l’usure normale sont facturés. Ces frais découlent du contrat de leasing, et une casco ne les prend en général pas en charge. En cas de désaccord sur les montants, une protection juridique qui couvre les litiges contractuels peut prendre en charge la contestation.
Avant de signer : six questions à poser
- Le contrat de leasing me laisse-t-il choisir l’assureur ?
- Quelles couvertures exige-t-il, et quelle franchise maximale ?
- Que me réclamera la société de leasing en cas de perte totale, année par année ?
- Ma casco rembourse-t-elle la valeur à neuf, et pendant combien de temps ?
- Existe-t-il une option qui couvre l’écart, et s’applique-t-elle à ce contrat de leasing ?
- L’assurance des mensualités proposée fait-elle double emploi avec ce que j’ai déjà ?
Ce qu’il faut retenir
- RC obligatoire par la loi, casco complète exigée par le contrat de leasing, pendant toute sa durée.
- Vous choisissez en général l’assureur : comparez, en respectant les exigences du contrat.
- En cas de perte totale, la casco peut rembourser moins que ce que réclame la société de leasing. Une option couvre cet écart.
- L’assurance des mensualités fait souvent double emploi pour un salarié. Pour un indépendant, une perte de gain protège mieux.
- Gardez la casco jusqu’à la restitution. Si vous rachetez la voiture, repassez en casco partielle.
La question à poser au concessionnaire tient en une phrase : si la voiture est détruite dans deux ans, combien vous devrai-je, et combien mon assurance me versera-t-elle ? Tant que vous n’avez pas les deux chiffres, vous ne savez pas si vous êtes bien assuré.