Phytothérapie remboursée ? Ce que paient la LAMal et la complémentaire
La consultation chez un médecin formé et les phytomédicaments de la liste prescrits par un médecin sont remboursés par l’assurance de base. Chez un thérapeute, c’est la complémentaire. Les règles et démarches.
Publié le
Oui, l’assurance de base rembourse la phytothérapie, mais à deux niveaux distincts. La consultation est remboursée chez un médecin qui a la formation complémentaire reconnue en phytothérapie. Les médicaments à base de plantes, eux, sont remboursés s’ils figurent sur la liste officielle et qu’un médecin les prescrit, même sans cette formation. Chez un phytothérapeute qui n’est pas médecin, seule une complémentaire peut payer la consultation.
La consultation chez un médecin phytothérapeute
La phytothérapie fait partie des cinq médecines complémentaires remboursées par l’assurance de base, avec l’acupuncture, l’homéopathie classique, la médecine anthroposophique et la pharmacothérapie chinoise (article 4b OPAS). Remboursée à titre provisoire depuis 2012, elle l’est définitivement depuis 2017, et le Parlement a enterré en 2025 une motion qui voulait rendre ce remboursement facultatif.
La condition porte sur le médecin. Il doit avoir l’attestation de formation complémentaire « Phytothérapie » de la Société suisse de phytothérapie médicale (SSPM), reconnue par l’Institut suisse pour la formation médicale postgraduée et continue. Elle suppose un titre de spécialiste et environ trois ans de formation complémentaire. La consultation est alors facturée selon le tarif médical, avec la franchise et la quote-part de 10 %.
Avec un modèle médecin de famille ou télémédecine, demandez d’abord une délégation si votre contrat l’exige. Pour savoir si un médecin a l’attestation, demandez-le-lui : l’annuaire des médecins de la FMH l’indique aussi.
Les médicaments à base de plantes
C’est là que la phytothérapie se distingue des autres méthodes. Les médicaments suivent la règle de tous les médicaments : l’assurance de base paie ceux qui figurent sur la liste des spécialités, quand un médecin les prescrit, dans les indications autorisées. Beaucoup de phytomédicaments y figurent.
Cette règle ne dépend pas de la formation du médecin. Votre médecin de famille, même sans attestation en phytothérapie, peut vous prescrire un phytomédicament de la liste : il est remboursé, avec la franchise et la quote-part. À l’inverse, un produit à base de plantes qui ne figure pas sur la liste n’est pas remboursé par la base, même prescrit.
| Quoi | Qui paie | Ce qui reste pour vous |
|---|---|---|
| Consultation chez un médecin avec l’attestation SSPM | L’assurance de base | La franchise et la quote-part |
| Phytomédicament de la liste, prescrit par un médecin | L’assurance de base | La franchise et la quote-part |
| Produit hors liste, même prescrit | Pas la base ; parfois la complémentaire | Selon votre contrat |
| Tisane ou complément acheté sans ordonnance | Personne | Tout le prix |
| Consultation chez un phytothérapeute non médecin reconnu | La complémentaire | La part au-delà du taux, du tarif maximal et du plafond |
Chez un phytothérapeute non médecin : la complémentaire
La phytothérapie est aussi pratiquée par des thérapeutes non médecins, souvent des naturopathes. L’assurance de base ne les paie pas, ni pour la consultation, ni pour les produits qu’ils conseillent. Une complémentaire de médecines complémentaires peut rembourser la consultation, si trois conditions de votre contrat sont remplies :
- La phytothérapie figure dans la liste des méthodes, sous ce nom. L’aromathérapie, qui utilise les huiles essentielles, est souvent une méthode distincte.
- Le thérapeute est reconnu pour la phytothérapie, par le registre que votre assureur accepte : RME, ASCA, ou sa propre liste.
- Il vous reste du plafond. La complémentaire paie un pourcentage de la facture, dans une limite par séance ou par année, et souvent jusqu’à un tarif maximal par tranche de cinq minutes.
Les produits conseillés par le thérapeute, eux, sont rarement remboursés : certaines complémentaires participent aux médicaments de médecine complémentaire, presque jamais aux compléments alimentaires. Depuis 2025, certains assureurs n’acceptent plus de nouveaux thérapeutes pour certaines méthodes : donnez le nom et le numéro RME ou ASCA du thérapeute à votre caisse avant la première séance.
Combien coûte une consultation ?
Chez un médecin, le prix suit le tarif médical. Chez un thérapeute, il est libre, et la phytothérapie se pratique le plus souvent au sein d’une consultation de naturopathie. Nous n’avons pas trouvé assez de tarifs publiés par des phytothérapeutes romands pour donner une fourchette fiable. Pour un ordre de grandeur, voyez les prix relevés dans notre guide naturopathe remboursé, et demandez toujours le tarif avant de prendre rendez-vous.
Comment se faire rembourser, étape par étape
- Demandez au praticien s’il est médecin, et s’il a l’attestation en phytothérapie de la SSPM. Si oui, l’assurance de base paie la consultation.
- Pour chaque produit prescrit, demandez s’il figure sur la liste des spécialités. Si oui, l’ordonnance du médecin suffit pour le remboursement.
- Chez un thérapeute non médecin, appelez votre caisse avant la première séance. Demandez si la phytothérapie est couverte, si ce thérapeute est accepté, à quel taux, avec quel tarif maximal, et si les produits sont remboursés.
- Envoyez chaque facture à votre caisse, avec une facture séparée pour les produits.
Questions fréquentes
Les tisanes et compléments à base de plantes sont-ils remboursés ?
Non, pas par l’assurance de base, et rarement par la complémentaire. Seuls les médicaments de la liste des spécialités, prescrits par un médecin, sont remboursés par la base.
Mon médecin de famille peut-il me prescrire un phytomédicament remboursé ?
Oui, s’il figure sur la liste des spécialités. L’attestation en phytothérapie n’est exigée que pour rembourser la consultation de phytothérapie elle-même.
Puis-je prendre une complémentaire pour des séances déjà prévues ?
Vous pouvez la demander, mais l’assureur pose des questions de santé. Un trouble déjà suivi peut faire l’objet d’une réserve, et certaines couvertures ont un délai d’attente. Voyez notre guide questionnaire de santé.
Ce qu’il faut retenir
En phytothérapie, deux règles se superposent. La consultation est payée par l’assurance de base chez un médecin avec l’attestation de la SSPM, et par la complémentaire chez un thérapeute reconnu. Les médicaments sont payés par la base s’ils figurent sur la liste et qu’un médecin les prescrit, quel qu’il soit.
Avant de commencer, posez deux questions : au praticien, « êtes-vous médecin, ou par quel registre êtes-vous reconnu ? » ; au pharmacien, « ce produit est-il sur la liste des spécialités ? ». Notre page médecines complémentaires fait le tour des autres méthodes.