Kinésiologie remboursée ? Ce que paie la complémentaire, et pourquoi pas la LAMal
L’assurance de base ne paie jamais la kinésiologie. Ce que peut rembourser une complémentaire, comment reconnaître un kinésiologue accepté, le prix d’une séance et le cas des enfants.
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Non, l’assurance de base ne rembourse jamais la kinésiologie, quel que soit le praticien. Seule une complémentaire peut payer, si votre contrat prévoit la méthode, reconnaît le kinésiologue et vous laisse du plafond. Comptez entre 130 et 150 francs la séance pour un adulte en Suisse romande, un peu moins pour un enfant.
Pourquoi l’assurance de base ne paie-t-elle pas la kinésiologie ?
L’assurance de base ne rembourse que cinq médecines complémentaires, et seulement quand un médecin formé les pratique : acupuncture, homéopathie classique, phytothérapie, médecine anthroposophique et pharmacothérapie chinoise (article 4b OPAS). La kinésiologie n’en fait pas partie. Et le kinésiologue ne figure pas parmi les professionnels qui peuvent facturer à l’assurance de base (article 35 LAMal).
Il n’existe donc aucune voie par la base, même avec une ordonnance de votre médecin, même pour un enfant, et dans aucun canton. L’assurance accidents ne la paie pas non plus.
Ce que peut payer la complémentaire
La kinésiologie figure dans la liste des méthodes de nombreuses complémentaires de médecines complémentaires. Trois conditions de votre contrat doivent être remplies :
- La kinésiologie figure dans la liste des méthodes, sous ce nom. Les méthodes voisines (touch for health, brain gym, kinésiologie éducative) ne sont pas toujours couvertes avec elle.
- Le kinésiologue est reconnu pour cette méthode, par le registre que votre assureur accepte : RME, ASCA, ou sa propre liste.
- Il vous reste du plafond. La complémentaire paie un pourcentage de la facture, dans une limite par séance ou par année, et souvent jusqu’à un tarif maximal par tranche de cinq minutes.
Un point compte particulièrement pour la kinésiologie : certains contrats ne paient que pour un trouble à traiter, et excluent la prévention. Une séance présentée comme du développement personnel ou du coaching peut alors être refusée. Avant de commencer, demandez à votre caisse si le motif de votre consultation est couvert.
Depuis 2025, certains assureurs n’acceptent plus de nouveaux thérapeutes pour certaines méthodes : donnez le nom et le numéro RME ou ASCA du kinésiologue à votre caisse avant la première séance. Notre page médecines complémentaires explique le rôle de ces registres.
Comment savoir si votre kinésiologue est reconnu ?
Le titre de kinésiologue n’est pas protégé : il recouvre des formations très différentes, de quelques jours à plusieurs années. Trois repères distinguent une formation que les assureurs acceptent :
- Le diplôme fédéral de thérapeute complémentaire, avec la mention de la méthode « kinésiologie » sur le supplément délivré par l’organisation du monde du travail de la branche. C’est le titre le plus élevé de la profession.
- Le certificat de branche, étape avant le diplôme fédéral. Il suppose une formation d’au moins 500 heures en kinésiologie et 350 heures en médecine conventionnelle, des stages et des supervisions.
- Une reconnaissance du RME ou de l’ASCA pour la kinésiologie, avec un numéro. C’est elle que la plupart des caisses vérifient.
KineSuisse, l’association professionnelle de la kinésiologie, tient aussi une liste de ses membres. Mais pour votre remboursement, une seule question compte : ce kinésiologue est-il accepté par votre contrat ?
Combien coûte une séance de kinésiologie ?
Le prix est libre. Dans les tarifs publiés par des kinésiologues de Genève, Lausanne, Fribourg et Neuchâtel, une séance d’une heure environ coûte entre 130 et 150 francs pour un adulte, et entre 100 et 130 francs pour un enfant (relevé Trusteo, octobre 2026). La séance d’un enfant est souvent plus courte, de 45 minutes à une heure.
| Où | Qui paie | Ce qui reste pour vous |
|---|---|---|
| Kinésiologue reconnu par votre contrat, pour un trouble à traiter | La complémentaire | La part au-delà du taux, du tarif maximal et du plafond |
| Kinésiologue reconnu, séance de prévention ou de coaching | Selon le contrat, souvent personne | Souvent toute la facture |
| Kinésiologue non reconnu par votre contrat | Personne | Toute la facture |
| Sans complémentaire, quel que soit le praticien | Personne, jamais l’assurance de base | Toute la facture |
Un exemple, sur un contrat fictif : six séances à 140 francs font 840 francs. Une complémentaire qui rembourse 75 % jusqu’à 1 000 francs par an paie 630 francs, et 210 francs restent pour vous.
Pour un enfant
Beaucoup de parents consultent un kinésiologue pour leur enfant. C’est alors la complémentaire de l’enfant qui compte, pas celle des parents : sans elle, la séance est entièrement à votre charge. Si votre enfant n’a pas encore de complémentaire, l’assureur pose des questions de santé à la demande, et une difficulté déjà suivie peut faire l’objet d’une réserve. Notre page assurance enfant détaille les prestations utiles.
Comment se faire rembourser, étape par étape
- Demandez au kinésiologue sa formation et son registre : diplôme fédéral, certificat de branche, numéro RME ou ASCA.
- Appelez votre caisse avant la première séance. Demandez si la kinésiologie est couverte par votre complémentaire, si ce thérapeute est accepté, à quel taux, avec quel tarif maximal, et quel plafond il vous reste pour l’année.
- Demandez aussi si le motif de votre consultation est couvert, en particulier pour une démarche de prévention.
- Envoyez chaque facture à votre caisse. Elle doit indiquer la méthode, la durée, la date et le numéro de reconnaissance du kinésiologue.
Questions fréquentes
La kinésiologie est-elle remboursée par la LAMal ?
Non, jamais. Contrairement à l’acupuncture ou à l’homéopathie, elle ne fait pas partie des méthodes que l’assurance de base rembourse chez un médecin. Voyez notre guide acupuncture remboursée pour la différence.
Une ordonnance aide-t-elle ?
Pas pour l’assurance de base. Pour la complémentaire, certains contrats en demandent une, d’autres non : c’est écrit dans les conditions.
Puis-je prendre une complémentaire pour des séances déjà prévues ?
Vous pouvez la demander, mais l’assureur pose des questions de santé. Un trouble déjà suivi peut faire l’objet d’une réserve, et certaines couvertures ont un délai d’attente. Voyez notre guide questionnaire de santé.
Ce qu’il faut retenir
La kinésiologie ne passe jamais par l’assurance de base. Une complémentaire peut la rembourser, si elle prévoit la méthode, reconnaît le kinésiologue et couvre le motif de la séance, dans son taux, son tarif maximal et son plafond.
Avant la première séance, demandez au kinésiologue son numéro RME ou ASCA, puis à votre caisse si elle l’accepte pour la kinésiologie. Pour un enfant, vérifiez d’abord qu’il a sa propre complémentaire.